Bien que 2018 soit une année à oublier au plus vite, beaucoup s’en souviendront encore longtemps comme l’année durant laquelle les revenus du pays ont fortement baissé, les prix à la consommation ont augmenté et le Trésor public
a surabondamment puisé dans les finances de la Banque d’Algérie.

En 2018, l’Opep est ses alliés, dont la Russie, ont affirmé, sans faire preuve d’orgueil excessif, qu’ils sont capables de mettre en application des mesures en vue de soutenir les marchés pétroliers. Ils ont, en effet, réussi à mettre en œuvre convenablement l’accord de limitation de la production signé fin 2017 à Vienne. Début décembre, l’Opep et ses partenaires sont tombés d’accord pour abaisser leur production de 1,2 million de barils par jour pour les six prochains mois. Un accord qui a fait remonter les cours du pétrole, au risque d’irriter le président américain. Cet objectif, attendu fébrilement par les marchés, sera réparti à hauteur de 800.000 barils quotidiens pour les quatorze pays de l’Opep et de 400.000 pour ses dix partenaires dont la Russie. Cette baisse correspond à un peu plus de 1% de la production mondiale. Objectif : rééquilibrer le marché, et enrayer la chute des cours, 30% en deux mois dans un contexte de surproduction chronique. C’est là une autre preuve de l’engagement de l’organisation pétrolière et de ses alliés envers le marché. Cela aura permis de maintenir les prix de l’or noir à un niveau acceptable. Certains pays pétroliers, mais pas tous, s’en sont accommodés. L’Algérie, petit producteur, fait partie, elle, des pays les plus touchés par la déprime des marchés. Les cours du brut ont connu une amélioration durant les premiers mois de cette année, pour atteindre une moyenne de 72,7 dollars au cours des neufs premiers mois de 2018. Et pendant ce temps, les quantités de pétrole exportées ont enregistré une baisse de 8,7 %. En totalité, les exportations d’hydrocarbures ont atteint 28,72 Mds de dollars fin septembre 2018, contre 23,93 Mds pour la même période de 2017. Et, de ce fait, la totalité des exportations en neuf mois, pour l’année qui s’achève, ont atteint les 30,3 Mds de dollars. Pas assez pour répondre aux défis qui se posent. Les comptes publics ont donc tendance à se déséquilibrer davantage. Et, moins il y a d’argent dans les caisses de l’Etat, moins importante est la croissance économique, les dépenses publiques en étant le moteur. Cette dernière devrait être de 2,5% en 2018 contre 1,4% en 2017, ainsi que l’a prévu le Fonds monétaire international dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales.
Une solution coûteuse
La création monétaire, projet que l’Exécutif a sorti de son chapeau fin 2017, n’aura pas permis de stimuler la croissance. Pour certains, la planche à billets est vue comme une mesure cruciale. Il s’agit en fait d’une solution coûteuse pour régler un problème profond de l’économie. Avec des besoins importants et des moyens insuffisants, l’économie a été maintenue sous perfusion et sous « traitement » monétaire. Plus la crise se prolonge, plus ses effets seront graves pour une économie déjà anémiée. En 2018, la planche à billets a été fortement sollicitée. Cela se voit dans la forte création monétaire. Le montant des titres émis dans le cadre du mécanisme de financement non conventionnel, lancé fin 2017 suite à l’amendement de la loi relative à la monnaie et au crédit, représente environ 28% du produit intérieur brut (PIB), en comptant le montant de
4 005 milliards de dinars comme titres émis à fin septembre 2018 et l’inscription, en novembre dernier, d’une nouvelle demande de financement de 1187,2 milliards DA. Mais, tout n’est pas noir, et un relèvement substantiel des exportations hors hydrocarbures peut être une planche de salut. Un travail a été fait en 2018. Et il se poursuivra en 2019 pour leur faire prendre de l’épaisseur. « Tout est prêt pour promouvoir les exportations hors hydrocarbures et nous allons déclarer 2019 année de l’export hors hydrocarbures», a affirmé récemment le ministre du Commerce, Saïd Djellab. Il a considéré que l’Algérie a tous les atouts pour se positionner sur les marchés extérieurs. Les exportations hors hydrocarbures demeurent pour l’instant marginales en représentant 6,96% du montant global des exportations, soit une valeur de 2,59 milliards de dollars, sur les onze premiers mois de 2018. Quant aux importations tous produits confondus, elles restent à un niveau élevé et de nature structurelle. En chiffres, le pays a importé pour 41,371 milliards de dollars sur les 11 premiers mois de 2018, contre 42,147 milliards de dollars à la même période de l’année 2017, soit une légère baisse de 776 millions de dollars (-1,84%). Les hydrocarbures ont encore représenté l’essentiel des ventes algériennes à l’étranger (93,04% du montant global des exportations) en s’établissant à 34,642 milliards de dollars sur les onze premiers mois de 2018, contre 29,864 milliards de dollars en hausse de 4,78 milliards de dollars (+16%). Le pays veut les augmenter davantage en produisant plus de pétrole et de gaz. Et, la nouvelle loi sur les hydrocarbures, dont l’élaboration a commencé en 2018, devrait aider à le faire.<