L’ancien président du Conseil constitutionnel Abdemalek Benhabylès est décédé, vendredi à Alger, à l’âge de 98 ans. Les Algériens garderont probablement de lui ces brèves images à la télévision, un certain 11 janvier 1992, lorsqu’il est venu recevoir et confirmer la démission du président Chadli Bendjedid et, de fait, constater la vacance du pouvoir.

C’était à quelques jours d’un second tour des législatives qui allaient consacrer la majorité écrasante à l’ex-FIS. Né dans la région de Beni Aziz, près de Sétif, Abdelmalek Benhabylès avait occupé plusieurs postes de responsabilité après l’Indépendance, notamment, ambassadeur, avant d’être désigné secrétaire général du ministère des Affaires étrangères. Il a été membre de plusieurs formations au sein du mouvement nationaliste algérien, du PPA au FLN en passant par le Mtld. Après l’Indépendance, il devient, en 1963, secrétaire général du ministère des Affaires étrangères jusqu’en 1964, quant il fut nommé comme ambassadeur d’Algérie au Japon puis en Tunisie. En 1971, Abdelmalek Benhabylès est rappelé en Algérie, il est nommé en 1974 secrétaire général du ministère des Affaires étrangères, puis ministre de la Justice en 1977. Après les événements du 5 Octobre 1988, il est désigné président du Conseil constitutionnel jusqu’en 1995. Les Algériens le découvrent lors de ce fameux moment crucial de la vie politique nationale où le président Chadli Bendjedid lui atendu sa démission dans une atmosphère glaciale. La caméra zoome sur le parapheur présidentiel. Le visage blème, le président du Conseil constitutionnel confirmera la démission de Chadli. Abdelmalek Benhabylès a été secrétaire général de la présidence au début du mandat de Chadli Bendjedid. Après sa démission, il est nommé ambassadeur en Suisse et au Vatican. Surnommé Socrate, il a été distingué du Grand Cordon de l’ordre du Soleil Levant par l’ambassade du Japon en 2012. Il est fondateur de l’Association d’amitié algéro-japonaise et aussi l’un des fondateurs et membres de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme à Alger.