Les conditions d’exercice des opérations bancaires relevant de la «finance participative» par les banques et les établissements financiers ont été fixées par un règlement publié au «Journal officiel» n° 73.

Ce règlement indique que sont considérées des opérations de banque relevant de la finance participative, les opérations de réception des fonds, de placement, de financement et d’investissement, qui ne donnent pas lieu à la perception ou au versement d’intérêts. Cela semble avoir stimulé l’appétit des banques. La Badr, par exemple, a saisi au vol les opportunités de développement de la finance islamique.

Elle ne perd pas de temps : son P-DG, Boualem Djebbar, vient de lever le voile sur un package hybride de produits que la banque va lancer, les jours à venir. Il s’agit de produits « Hallal » dont certains concernent l’acquisition de logement LPP et LPA. Ils seront mis sur le marché, début janvier prochain, a-t-il révélé. Et comme dans un produit classique, la banque offre beaucoup d’options. Elle peut ainsi financer jusqu’à 80% du coût du logement, en prenant en considération la capacité de remboursement des clients. Djebbar a annoncé également qu’en plus du financement de logements ruraux qui existe déjà, l’institution financière qu’il dirige propose, dans cette formule Hallal, d’accompagner les agriculteurs qui veulent se lancer dans des projets d’auto construction. L’institution s’intéresse également au matériel agricole dont l’acquisition se fera par le biais du financement participatif, avec un concours de la banque à hauteur de 80%, l’agriculteur n’apportant que 20% du coût du matériel qu’il veut acquérir. La Badr procède à l’achat du matériel, pour le revendre à l’agriculteur avec facilité de paiement, selon ses capacités de remboursement, a-t-il détaillé. Le P-DG de la Badr a souligné également que toutes les agences de la banque seront dotées d’un guichet dédié à la finance participative, pour permettre aux clients de se renseigner sur les différentes façons de réaliser leurs investissements. Avec cette palette de produits, la Badr étoffe son offre financière, contribuant au programme d’inclusion financière dont la Banque centrale en fait une de ses priorités. D’après une étude récente publiée en 2018, l’Algérie figure dans le top 10 des pays enregistrant la plus forte augmentation du score d’inclusion financière. Les pays suivants font le top 10: République kirghize, Algérie, Irak, Congo. Bahreïn, Indonésie, Uruguay, Fédération de Russie, Venezuela et Moldavie. Le professeur Christos Alexakis fait partie des conférenciers venus à Alger dans le cadre du Symposium algérien de l’assurance et de la Finance islamiques (Saafi 2018) tenu, il y a deux mois à Alger. Et selon lui, la finance islamique intéresse de plus en plus la scène financière internationale. En chiffres, les actifs bancaires islamiques pourraient atteindre jusqu’à 3 400 milliards de dollars américains fin 2018, ainsi que le mentionne un rapport de Deloitte. Christos Alexakis explique que la croissance estimée de l’industrie repose sur l’hypothèse que la taille potentielle de l’industrie augmente régulièrement avec un taux de croissance satisfaisant.
Cette hypothèse repose sur un certain nombre de facteurs continuant à croitre tels que la population musulmane mondiale, la notoriété du système bancaire et financier islamique, le revenu par habitant et la richesse détenue par les musulmans conformément aux tendances des autres groupes confessionnels. Et à ce stade, il faut, a-t-il dit, noter que les acteurs de la finance islamique doivent accorder une attention particulière à l’inclusion financière. Cette dernière consiste, d’après lui, à garantir l’accès aux produits et services financiers appropriés nécessaires aux groupes vulnérables, tels que les catégories les plus faibles et les groupes à faible revenu, à un coût abordable, de manière juste et transparente, par les principaux acteurs institutionnels. Et de poursuivre : l’inclusion financière est une chose positive qui profite aux individus et à la société. Ainsi, des politiques en faveur de l’inclusion financière doivent être conçues et mises en œuvre.<