Le projet de loi concernant la lutte contre la corruption vient renforcer une batterie existante, mais qui péche par des manques à des niveaux divers. Ce fléau pourrait en effet être destructeur si on ne prenait pas garde à son évolution dans la société.

Le texte en question met la législation en accord avec la Constitution de 2016, qui avait codifié les missions de l’organe national de prévention et de lutte contre la corruption. Aujourd’hui, il prend en charge les recommandations de l’instance spécialisée des Nations unies après une évaluation positive de la politique algérienne en la matière. Et met en place les outils qui manquaient : la création d’un pôle pénal chargé des affaires financières complexes, dont celles relatives à la corruption, la protection des dénonciateurs de faits de corruption y compris à l’intérieur des environnements professionnels et la mise en place d’une structure de gestion des avoirs issus des infractions de corruption. Des mécanismes qui faisaient défaut dans le système de lutte en vigueur contre ce mal destructeur. Ce renforcement de la législation est à l’évidence un signe pour une plus grande efficacité dans la lutte qui se doit d’être sans concession. Il faudrait seulement que ces lois soient appliquées avec célérité et non pas constituer un arsenal gardé dans un bel écrin, sans effet sur le quotidien des gens. Le constat des Nations unies concernant la politique algérienne de lutte contre la corruption a récemment établi que notre pays se situe parmi les Etats les plus engagés dans ce domaine. Il s’agissait de confirmer ce constat positif. Il devenait donc urgent de doter la justice d’outils pour intervenir avec des moyens efficaces mis à sa disposition pour appliquer la loi. Il est évident que le renforcement de la législation en la matière ne fait qu’éviter à l’Algérie des critiques de la part d’organismes internationaux dont les objectifs ne sont pas exempts de soubassements politiques.