C’est le jour j pour le collège électoral appelé à élire aujourd’hui ses 48 représentants au Sénat à l’occasion du renouvellement partiel de ses membres qui intervient chaque trois ans. La bataille s’annonce manifestement rude notamment entre le FLN et le RND bien que le premier part avec les faveurs des pronostics vu le nombre très important d’élus qu’il compte au niveau des assemblées locales.

Le Front est ainsi le seul parti politique à être en compétition dans les 48 circonscriptions. Ce qui lui procure une avance sur ses concurrents.
Sauf que les turbulences organiques vécues récemment par l’ancien parti unique risque de lui jouer un mauvais tour. Cette appréhension n’a pas ainsi manqué de pousser les membres de la direction intérimaire du parti à sillonner les quatre coins du pays pour mobiliser les troupes et réussir le test des sénatoriales.
Mesurant ainsi le poids de probables fractures entre les militants du parti, M. Bouchareb, coordonnateur de cette instance, s’est senti obligé, la semaine écoulée, de donner «ordre» aux élus locaux de voter en faveur des candidats FLN lors des élections sénatoriales prochaine.
«Il faut orienter la mobilisation des élus dans la bonne direction. C’est pour cela que j’ordonne l’ensemble des élus FLN pour qu’ils soient unis le jour du vote», a-t-il lancé sur un ton des plus fermes tout en précisant qu’il n’accepterait pas qu’un élu du FLN accorde sa voix à un candidat d’un autre parti.
Du côté du RND, c’est la confiance qui se dégage même si la sérénité manque par certains endroits. La pression est d’autant plus visible au sein du Rassemblement appelé à confirmer les résultats qu’il avait obtenus lors des consultations précédentes.
Chez les partis de l’opposition, l’ambition n’est pas de la même taille. En effet, les formations de l’opposition tenteront de s’assurer une présence au niveau du Sénat. C’est le cas manifestement du Front des forces socialistes (FFS), qui tient à sa représentation à la chambre haute du Parlement. Le parti du défunt Hocine Ait Ahmed est en course dans 7 wilayas (Tizi Ouzou, Béjaïa, Alger, Bouira, Sétif, Boumerdès et Oum El Bouaghi), bien qu’il compte davantage sur les wilayas de Béjaïa et Tizi Ouzou où le parti est en pole position vu le nombre d’élus qu’il compte dans les Assemblées locales.
Son concurrent direct dans les wilayas de la Kabylie, le Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), en l’occurrence, ambitionne, pour sa part, de s’y imposer même avec une participation très limitée à trois circonscriptions (Tizi Ouzou, Béjaïa et Bouira).
En termes d’encadrement et de contrôle, ces élections seront supervisées, pour la première fois, par le secteur de la justice qui a mobilisé 736 magistrats répartis sur 72 bureaux de vote au niveau national, avec une moyenne de 8 magistrats pour chaque bureau dont quatre suppléants. Il faut rappeler que le Conseil de la nation, Chambre haute du Parlement, comprend 144 membres, dont les 2/3, soit 96 membres sont élus au suffrage universel indirect, parmi les élus des assemblées locales (Assemblées populaires communales et de wilaya) au sein de chaque wilaya, alors que le tiers restant, soit 48 membres, est désigné par le président de la République.
La dernière élection pour le renouvellement partiel des membres de la Chambre du Sénat s’est déroulée le 29 décembre 2015.
Elle s’est soldée par la victoire du parti du FLN qui a gagné 23 sièges, suivi du RND avec 18 sièges, les Indépendants avec 4 sièges, le FFS avec 2 sièges et de Fadjr El Jadid avec un siège. Qu’en sera-t-il cette fois-ci ? Attendons pour voir.
Les résultats définitifs des élections sénatoriales seront proclamés par le Conseil Constitutionnel qui aura auparavant annoncé les résultats provisoires face auxquels les candidats pourront formuler des recours.<