A chaque événement à célébrer ou occasion de faire la fête, les islamistes se sentent pousser des ailes pour interdire et décréter «haram» tout ce qui n’entre pas dans le moule de leurs pensées et visions obscurantistes. Aux alentours des mosquées, sur les places publiques ou terrasses de café

, ils prêchent pour bien asseoir leur point de vue dans les esprits, créant parfois des conflits au sein même des familles habituées à fêter le Nouvel an. Personne n’ose contredire ces barbus qui s’autoproclament «dépositaires» d’un islam pur et dur qui refuse de s’ouvrir sur l’autre, imposant une «orthodoxie» dans le comportement, qui doit être conforme à leurs préceptes, inspirés du wahabisme dévastateur importé. A Annaba, ce sont des petits groupes de barbus qui sèment à tout-va cette vision de l’islam et qui, malheureusement, touchent de larges pans de la société qui s’y soumet croyant être dans l’«authentique». Ces «semeurs» expliquent ces «haram» (interdits) par une interprétation personnelle des versets du Saint Coran assortis d’une fetwa qu’aurait «décrétée» un de leurs chouyoukh. Nous avons été surpris nous-mêmes par le refus d’un pâtissier d’inscrire «Joyeux anniversaire», qu’un client voulait, sur un gâteau qu’il a commandé. Celui-ci avait argué que cette inscription est «haram» et que personne n’a le droit de fêter son anniversaire. Stupéfait et décontenancé par pareille réponse, le client annula sa commande non sans faire de remarques sur le respect dû aux clients. Les islamistes sont en train de gagner du terrain et maintiennent leur pression sur de larges couches de la société, particulièrement dans les quartiers populaires, où leur influence grandit à tel point qu’ils régentent la vie des gens. Il faut dire aussi qu’il y a une certaine prédisposition de ces ouailles, à qui l’on a seriné des notions de religion sans pour autant leur apprendre à réfléchir pour séparer le bon grain de l’ivraie. Celles-ci, déjà conditionnées, sont enclines à croire tout ce qu’on leur dit, pourvu que ça soit soigneusement enveloppé et empaqueté au nom de la religion. Le département de Mohamed Aïssa devrait s’y intéresser de près pour remédier à ces erreurs qui peuvent déboucher sur des situations pour le moins dangereuses pour le pays. M. R.