Dans sa nouvelle vision, le gouvernement conçoit le développement local comme un processus économique créant un lien entre tous les partenaires publics, privés, institutionnels et sociaux du territoire.

Il s’emploie à faire en sorte que les administrations locales arrivent à influencer le choix des orientations à l’échelon central, à diriger le développement local ou à agir en partenariat avec le secteur privé, le mouvement associatif, entre autres, à générer des synergies à plusieurs niveaux, à réhabiliter le territoire et à réaliser un développement équilibré et global. Pour ce faire, il a été décidé de créer 14 nouvelles circonscriptions administratives dans les principales wilayas et d’accorder plus de prérogatives aux walis délégués. Le chef de l’Etat a signé, jeudi dernier, un décret présidentiel prévoyant la création de 14 nouvelles circonscriptions administratives dans les wilayas d’Alger, Blida, Constantine, Annaba et Oran. Les nouvelles circonscriptions administratives concernées sont celles où se trouvent les grands regroupements résidentiels et marquées par un développement urbain important, à savoir Bouinan (Blida), Sidi Abdellah (Alger), Draa Al-Reich (Annaba) et Ali-Mendjeli (Constantine). Dans l’objectif de mettre les grandes villes traditionnelles au cœur de cette approche, il a été procédé, en outre, à l’intégration à cette nouvelle forme de circonscription administrative, avec une compétence régionale spécifique, les villes de El Khroub, Zighoud-Youssef, Hama-Bouziane, Constantine (Constantine), Aïn Turk, Arziew, Bir El Djir, Oued Tlelat et la ville d’Oran (Oran). Cette nouvelle organisation permettra de surmonter les problèmes soulevés dans l’encadrement et la gestion de grands groupes de population et régulera leur organisation, de manière à prendre en compte toutes les préoccupations d’une manière plus significative, vers la modernisation et le développement durable. Cela coïncide avec la décision de promouvoir les villes de Dabdab et Bordj d’Omar Idriss, dans la wilaya d’Illizi, au rang de daïra, ce qui renforcera le rôle stratégique de ces deux rassemblements dans le développement de cette importante zone frontalière. Par ailleurs, le décret présidentiel n° 18-303 du 5 décembre 2018, modifiant et complétant le décret présidentiel n° 15-140 du 27 mai 2015, portant création de circonscriptions administratives dans certaines wilayas et fixant les règles particulières qui leur sont liées, a été publié au Journal Officiel n°72. Le texte accorde de nouvelles attributions et prérogatives aux walis délégués.

Aménagement 
plus équilibré du territoire
Ainsi, les walis délégués peuvent préparer, mettre en œuvre et suivre les programmes publics d’équipements et d’investissements. Ils peuvent également assurer la gestion des programmes sectoriels déconcentrés, inscrits à l’indicatif de la wilaya et relevant de leurs circonscriptions administratives.
En matière de fonctionnement des services et des établissements publics, les walis délégués sont habilités à veiller au bon fonctionnement des services et des établissements publics et d’animer et de contrôler leurs activités. En matière de travail et d’emploi, le wali délégué est chargé, notamment, d’initier toute mesure incitative pour la promotion de l’emploi et l’insertion professionnelle et sociale. Pour l’exercice de ces missions, le wali délégué dispose, selon le décret cité plus haut, d’une commission chargée de la promotion de l’emploi, régie par les mêmes règles d’organisation et de fonctionnement de commissions de wilaya. En matière d’industrie et des mines, le wali délégué est chargé, notamment, d’initier toute action favorisant le développement économique, de promouvoir les activités industrielles et d’encourager toute initiative favorisant l’investissement, de veiller à l’application de la réglementation en matière de contrôle de conformité des véhicules et de vérification de la conformité des appareils à pression à gaz et à pression à vapeur. En matière d’agriculture, de développement rural, de forêts, de pêche et d’aquaculture, le wali délégué est chargé notamment, d’encourager toute initiative favorisant l’investissement dans ces domaines. Autres nouvelles charges et prérogatives citées dans le texte de loi, le chapeautage de l’application de la législation et de la réglementation relatives à l’opération du recensement des jeunes concernés par le Service national, mais aussi de l’application de la législation et de la réglementation relatives à la circulation des étrangers. S’agissant de l’habitat et de l’urbanisme, les walis délégués sont mandatés pour approuver les plans d’orientation de l’aménagement et de l’urbanisme et les plans d’occupation du sol. Ils veillent également à la répartition du programme d’aide à l’habitat rural, au profit des communes relevant de leur circonscription administrative et à valider les listes des bénéficiaires de l’aide à l’habitat rural, établies par les communes, est-il mentionné dans ce décret. Pour ce qui est de l’activité commerciale, les walis délégués sont tenus de coordonner et de suivre les activités commerciales en matière d’implantation et d’exercice des activités commerciales et des professions réglementées. Outre la coordination et le suivi, les walis délégués doivent suivre l’approvisionnement du marché, notamment dans les régions du Sud. Il reste, cependant, à savoir si cette approche fondée sur un découpage tourné vers l’avenir et basée sur le développement des collectivités, sera suffisante pour pouvoir progresser véritablement vers un développement durable et un aménagement équilibré du territoire.<