L’atelier de formation aux techniques de reprographie d’art, intitulé « Dites-le avec la lumière », aura été l’occasion pour une trentaine d’étudiants – issus pour beaucoup de l’Ecole des beaux-arts d’Alger – de découvrir du 24 au 26 décembre une « autre approche » de la création artistique. En cela, il a été conforme aux aspirations et au vœu de son initiateur, l’artiste peintre Karim Sergoua.

Cette figure connue des arts plastiques dans notre pays, également enseignant, voulait aller « au-delà du cadre académique», généralement dispensé par les écoles d’enseignement de dessin et des arts. Son initiative, lancée avec la collaboration de la galerie Espaco, a été de ce point de vue une réussite. « Développer l’esprit créatif, la vision analytique (…), faire en sorte que ces jeunes artistes osent faire les choses (…) qu’ils comprennent qu’il existe d’autres techniques que ce qu’ils ont l’habitude d’utiliser », dit-il fièrement à ce propos. Peu importe qu’on arrive à bouleverser les codes qu’on apprend dans les écoles et les structures académiques, l’essentiel, selon cet animateur, est la création ! Et il a bien raison. Mercredi dernier, au dernier jour de cet atelier de formation, il était encore là à s’extasier du résultat obtenu. Le concept imaginé par ses soins pour l’atelier « Dites-le avec la lumière », où les étudiants sont notamment invités à détourner l’usage d’une machine à photocopier pour créer des textures à partir d’éléments divers, «aura profondément bouleversé les conceptions de plusieurs participants». « Certains ont été complètement brusqués par cette méthode de travail, d’autre ont remis en cause ce qu’ils savaient sur le dessin (…) cela sera vraiment marquant pour eux », juge-t-il. «L’idée de cet atelier de reprographie d’art était de faire également écho aux « nouvelles méthodes d’enseignement des arts, axées davantage sur le développement de la créativité de l’artiste
plutôt que sur une formation destinée à inculquer une certaine vision du dessin.
« L’enseignement du dessin, poursuit Karim Sergoua, a énormément évolué. Des écoles européennes proposent maintenant, à la place des cours de dessin classiques, des ateliers
de reproduction d’art, d’interprétation graphiques, de représentations graphiques d’expression plastique». «Dans les premières étapes du travail nous n’utilisons aucune technique académique, aucun crayon, fusain… nous montrons aux participants comment réaliser différentes compositions au moyen d’objets hétéroclites, des grillages, des tissus, des dentelles, parfois des clous ou des morceaux de bois », explique-t-il encore. Ce type d’atelier, nous dit-il encore, permet de faire comprendre « qu’il est possible de dessiner avec de la lumière» et que l’on peut créer avec très peu de matériel ». L’artiste plasticien souhaite ainsi que les Ecoles des beaux-arts, notamment les établissements régionaux, libèrent davantage leurs étudiants des méthodes académiques pour laisser libre cours à leur esprit de créativité. Un vœu qu’il accompagne par un incessant travail de création personnelle. A la galerie Espaco, Karim Sergoua expose, en effet, jusqu’au 8 janvier une collection intitulée «7Houmate», réunissant une série de toiles, céramiques ou encore des peintures sur bois, métal ou papier. Des œuvres inspirées, explique-t-il, par le quotidien, par les interactions avec la société. « Je suis très attaché et inspiré par mon quartier (houma), par la notion de quartier, de village, de région (…) mais c’est aussi une allusion faite aux sept supports, aux sept techniques de travail que j’ai utilisés ».
Le 5 janvier prochain, il animera une rencontre dédiée à la création artistique algérienne à l’étranger. « Ce sera l’occasion de revenir sur les parcours de jeunes artistes que nous avons promus et qui forment aujourd’hui la jeune création algérienne établie à l’étranger (…) Ce que nous voulons dire est que nous sommes également exportateurs d’art et d’artistes. Les Algériens sont maintenant présents dans tous les domaines, la mode, le design ou même la gastronomie ». Un rendez-vous à noter. n