Le centre hospitalo-universitaire Mohamed-Abdenour-Saâdna de Sétif a abrité, avant-hier, un séminaire régional sur les maladies chroniques.

Lors de cette manifestation à laquelle ont pris part de nombreux médecins venus de dix wilayas de l’Est, les résultats de l’enquête nationale sur la mesure des facteurs de risque des maladies non transmissibles, selon l’approche Step Wise de l’OMS/Algérie 2016-2017, lancée en mars 2015, ont été présentés par des cadres du ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière. Selon le Dr. Djamila Nadir, qui a animé une présentation intitulée « Approche STEPwise de l’OMC et méthodologie de l’enquête », l’approche STEPwise est un outil standardisé, élaboré et recommandé par l’OMS pour la surveillance des facteurs de risque des maladies non transmissibles, ainsi que leur morbi-mortalité. Notre interlocutrice a ajouté que cette enquête a concerné un échantillon représentatif, composé de 7 450 personnes, âgées de 18 à 69 ans révolus, tirés au sort, à travers le territoire national tout en précisant que 6 989 individus ont été enquêtés, soit un taux de réponse de 93,8% (3 082 hommes et
3 907 femmes). Dr. Nadir a également ajouté que l’objectif principal de l’enquête STEPwise Algérie était d’estimer la fréquence des principaux facteurs de risque des maladies non transmissibles. Cette dernière a aussi souligné que ce processus comporte trois niveaux, à savoir le «Step 1», qui est une collecte d’informations démographiques et comportementales faites à l’aide d’un questionnaire détaillé et standardisé, le «Step 2» qui consiste en une prise de mesures physiques et enfin le troisième « Step » qui se traduit par la réalisation d’examens biochimiques sur des prélèvements sanguins. Aussi, elle a rappelé que les facteurs de risque étudiés étaient la consommation de tabac, d’alcool, la faible consommation de fruits et légumes, l’inactivité physique, le surpoids et l’obésité, la pression artérielle, la glycémie élevée et les dyslépidémies. Selon les résultats présentés, un homme sur deux et deux femmes sur trois souffrent de surpoids ou la prévalence globale du surpoids et de l’obésité était 55,6 % (hommes : 48,3%, femmes : 63,3%). Par ailleurs, la prévalence de l’hypertension artérielle était de 23,6%, soit 23,1% pour les hommes et 24,1% pour les femmes. Par ailleurs, le Dr. Djamila Nadir a alerté sur la hausse du nombre des malades touchés par le diabète tout en affirmant que la prévalence de la maladie a atteint 14,4%. Elle a affirmé aussi que 48 des hommes consomment du tabac.
Pour la consommation de fruits et légumes, la conférencière a souligné que 85,3% des répondants ont déclaré consommer moins de 5 portions de fruits et de légumes par jour sans différence significative selon le sexe ni l’âge. Aussi, pour la consommation de repas préparés en dehors du domicile, qui représentent un véritable danger sur la santé publique et considérée comme la cause principale de plusieurs maladies chroniques notamment l’obésité, l’enquête a révélé 1,6 repas consommé par semaine avec une nette prédominance masculine. Dans le même sillage, 23,5% des personnes enquêtées ont déclaré ajouter du sel au moment de la consommation de leur repas. L’enquête a montré également que les individus interviewés exercent de moins en moins d’activités physiques ou près d’un quart, soit 23,7% des répondants, n’ont pas respecté les recommandations de l’OMS dans ce sens. Les intervenants ont mis l’accent sur la nécessité de l’implication de l’ensemble des acteurs afin de sensibiliser la population sur ces maladies chroniques qui ne cessent de prendre de l’ampleur au sein de la société. Il faut noter que cette enquête a été réalisée par le ministère de la Santé, direction générale de la prévention et de la promotion de la santé, en collaboration avec l’Institut national de santé publique avec l’appui de l’OMS HQ-Genève et du bureau de la représentation OMS- Algérie. Les résultats de cette enquête approfondie et inédite en Algérie pourraient servir comme référence aux pouvoirs publics pour redoubler d’efforts afin de mettre en place une feuille de route nationale dans la lutte contre les facteurs de risque des maladies non transmissibles. n