Dans une lettre ouverte adressée au ministre de la Santé, dont une copie a été remise à Reporters, la coordination des travailleurs de la santé, affiliée à l’UGTA, tout en déplorant la situation sinistrée du secteur de la santé dans la wilaya fait part d’un certain nombre de préoccupations.

Parmi lesquelles, la marginalisation de la wilaya dans le cadre du programme de classement des Hauts-Plateaux qui n’a touché que 13 communes sur les 29 que compte la wilaya, la faiblesse des programmes de santé, particulièrement en matière de ressources humaines, de spécialistes, notamment les gynécologues à Oum El Bouaghi, Aïn Beïda, Aïn Fakroun, Meskiana. Les syndicalistes s’interrogent aussi sur le sort de l’hôpital de 240 lits du chef-lieu de wilaya dont l’étude et le choix de terrain sont finalisés mais la réalisation tarde à voir le jour, le parc automobile de la majorité des établissements comporte des véhicules vétustes de marque Foton Polarson nécessitant un renforcement en véhicules solides tels Mercedes et Hyundai. D’autre part, le nombre de postes ouverts au recrutement pour le corps paramédical demeure très faible par rapport aux autres wilayas, ajoute la même source, qui décrit les conditions de participation à l’inscription au concours des infirmiers (Bac avec une moyenne de 14-15), alors que dans les autres régions la moyenne exigée est 11. L’insuffisance des équipements médicaux de travail, médicaments, produits de laboratoire, voire absence totale dans d’autres établissements sont mises en exergue, à l’exemple des scanners d’Aïn Beïda en panne depuis un an, celui de Mohamed-Boudiaf « Monobarette » de faible lecture, équipements spécifiques aux analyses, échodopler en panne depuis belle lurette dans le même hôpital. La gestion administrative est catastrophique dans certains établissements, en l’absence de dialogue et de démocratie participative avec les partenaires sociaux, chefs de service et autres d’où une situation de blocage, ajoute le communiqué. D’autre part, la section du Syndicat national des praticiens spécialistes de santé publique (SNPSSP) et la section syndicale UGTA de EPH Mohamed-Boudiaf du chef-lieu de wilaya dans une lettre ouverte (copie remise à Reporters) adressée au ministre de la Santé lors de son passage dernièrement dans la wilaya, font part d’une série de préoccupations et de la situation précaire du secteur sanitaire depuis des années. Il s’agit en premier lieu, selon le communiqué, de la nécessité du dégel du projet de l’hôpital de 240 lits du chef-lieu de wilaya, sachant que l’EPH Mohamed-Boudiaf est une structure non conforme aux normes techniques avec des insuffisances en équipements, notamment leur vétusté qui concerne également la maternité Slimane-Amirat dont les rapports sont restés sans écho, les équipements d’hémodialyse dépassent 12 années d’âge ainsi que la vétusté des autoclaves, absence de scopes et de nébilisateurs. Une incapacité est enregistrée en matière de prise en charge des patients en raison du manque flagrant de médicaments d’urgence et nécessaires pour les analyses de laboratoire. Cette situation contraint les patients à effectuer toutes ces analyses dans les labos privés à leurs frais. D’autre part, le manque flagrant de médicaments d’urgence à usage quotidien est mis en exergue dans le communiqué qui fait aussi état du refus de l’administration de toute coordination avec les partenaires sociaux engendrant ainsi un climat conflictuel, de blocage avec un impact négatif sur le fonctionnement de l’établissement, de l’ouverture d’une enquête par les responsables locaux depuis quelques semaines, de l’absence totale de dialogue, de réunions avec les chefs de service et l’administration depuis quatre ans. S’agissant du parc de véhicules, le communiqué fait état de la présence d’ambulances dans un état déplorable pour l’évacuation des patients et absence de conditions les plus élémentaires pour transport sanitaire. n