Le journaliste et propriétaire du site électronique Dzaïr Presse, Adlane Mellah, a été condamné, hier par le tribunal de Bab El Oued (Alger), à un an de prison ferme et une amende de 100 000 DA, pour « attroupement non autorisé et rébellion ».

La même juridiction a également prononcé, hier, une peine de quatre mois de prison ferme et une amende de 50 000 dinars chacun à l’encontre de deux autres accusés, Abdelaziz Adjal, photographe du site électronique, et l’acteur Kerouche Abdelhafidh, poursuivis et condamnés pour les mêmes charges.
Toutefois, il faut préciser que le tribunal a rejeté le chef d’accusation
« outrage à corps constitué » retenu contre les trois accusés.
Réagissant à ce verdict, Maître Zoubida Assoul, qui assurait la défense de Adlane Mellah, a déclaré à la presse au terme de ce procès que « la défense ne s’attendait pas à un verdict pareil », estimant « qu’il ne s’appuie pas sur les dispositions de la Constitution ». Elle a rappelé, à ce titre, que la Constitution algérienne, en son article 50, protège et interdit l’emprisonnement des journalistes et que la loi de 2012 sur les médias, l’incrimine.
Ne mâchant pas ses mots, Me Assoul a qualifié ce dossier d’« affaire politisée », affirmant qu’« il n’y a pas de loi punissable d’une année d’emprisonnement actif dans une affaire de rassemblement ».
Selon elle, la défense ne va pas baisser les bras et reprendra dans les dix jours prévus par la loi.
Visiblement non satisfaits de cette décision de première instance, les avocats de la défense ont immédiatement interjeté appel auprès de la Cour d’Alger, conformément aux procédures légales.
Notons qu’après l’annonce du verdict, des dizaines de personnes sont sorties dans la rue pour exprimer leur solidarité avec les détenus.
Enfin, il est à signaler que le procureur de la République avait requis trois ans de prison ferme et 10 000 DA d’amende à l’encontre des trois mis en cause, soutenant que les charges retenues contre eux « n’ont aucun lien avec le métier du journalisme ».<