La perspective d’annonces présidentielles importantes, à la faveur d’un Conseil des ministres de fin d’année, intéresse les partis politiques, mais n’accapare pas toute leur attention. Ils sont, en effet, focalisés sur leurs propres initiatives et actions partisanes

, même s’ils partagent le constat d’une situation politique «des plus opaques et inédites». Le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP), Abderrezak Makri, explique à ce propos : «On ne s’inscrit nullement dans cette logique d’attente des annonces, nous sommes un parti d’opposition, on dialogue avec les partis politiques et les autorités, mais on n’a pas d’informations par rapport à ce qui sera dit ou annoncé.»

Contacté par nos soins, Makri dira que son parti est attaché «à son initiative de consensus national même s’il faut aller vers un report de l’élection d’une année pour concrétiser ce consensus.» Tout en expliquant que «c’est cela notre combat», Makri fait observer que «si les annonces du Président sont dans le sens de nos revendications, ce sera bien, mais dans le cas contraire, nous sommes un parti d’opposition qui milite et qui a sa place sur l’échiquier national».
Même état d’esprit au Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), qui n’attend pas «d’éventuelles annonces pour agir, se mobiliser et exister». Sadat Fetta, députée du RCD d’Alger, explique que les annonces et décisions «font partie de la vie politique du pays et tout ce qui a trait à la scène politique nationale nous intéresse. Mais le RCD n’attend pas les annonces pour se mobiliser».
«Nous sommes un parti de militants qui se mobilisent chaque jour pour le pays et pour répondre aux préoccupations des citoyens», explique-t-elle. «On ne va pas attendre le 26 décembre pour se mobiliser et exister», dira-t-elle, tout en revendiquant le respect des délais constitutionnels pour le rendez-vous de 2019. «Le report ou l’annulation de l’élection présidentielle est un discrédit pour les institutions», estime-t-elle. «On appelle au respect de la Constitution et pour que l’élection ait lieu dans les délais légaux», souligne-t-elle. Même topo pour le parti de Ali Benflis, Talaie El Houriyet. Selon Mohamed Adimi, le responsable de la communication du parti, «il n’y a rien d’officiel, c’est une situation d’opacité totale, mais nous nous exprimerons quand des décisions officielles seront annoncées». Toutefois, selon Adimi, le parti reste mobilisé pour le pays et son action ne dépend pas des annonces.
De son côté, le Front des forces socialistes (FFS) reste attaché au consensus national comme seule option de sortie de crise. «Qu’il y ait ou non des annonces, qu’il y ait ou non de présidentielle, nous sommes un parti qui demeure attaché à notre option majeure de sortie de crise, qui se décline à travers un consensus national entre tous les Algériens et l’impératif d’une constituante qui soit l’émanation du peuple souverain», soutient un membre de la direction du parti.<