Destiné à récompenser les travaux critiques et les études académiques consacrées au théâtre algérien, le nouveau «Prix Mustapha-Kateb d’études sur le théâtre algérien» a été attribué, pour la première fois, mardi soir, au  chercheur algérien Mohamed El-Amine Bahri pour son étude sur la sémiologie du discours théâtral, lors d’une cérémonie officielle au Théâtre national algérien Mahieddine-Bachtarzi (TNA).  

Les organisateurs et les membres du jury, notamment composé d’universitaires algériens et étrangers venue de Syrie ou de Tunisie, précisant, mardi  à quelques heures de la remise de prix, que le principal objectif de ce prix est d’« encourager le développement de la critique théâtrale». «Une spécialité faisant cruellement défaut», nous précise-t-on. En ce sens, le directeur du TNA, Mohamed Yahiaoui, a expliqué que la création du prix était une «initiative du TNA avec un financement assuré par le TNA». Précisant ainsi que «le but est d’encourager la critique des productions théâtrales algériennes. C’est une chose qui manque, aujourd’hui, au développement du théâtre, d’autant que les rares critiques qui existent ont très peu d’espaces d’expressions». Le responsable envisage dans ce contexte le lancement prochain par le TNA d’une «revue spécialisée». Le  « Prix Mustapha-Kateb» doit, par ailleurs, aboutir à la publication de l’étude du lauréat, ainsi que celles des quatre chercheurs ayant reçu les distinctions honorifiques du jury, en l’occurrence, Mansour Ali Ahmed Amaria, Mohamed Kadem Chamri, Ahmed Bouaïda et Mohamed Bouich.

Pour rappel,  cette première édition du « Prix Mustapha-Kateb », ouverte depuis le mois de février 2018 aux participations de chercheurs algériens et étrangers, avait été axée sur la critique du «théâtre algérien durant la période allant des années 1990 à aujourd’hui».

Le président du jury, l’universitaire et écrivain Makhlouf Boukrouh, nous explique à ce titre : «Je pense qu’il était temps que l’on s’intéresse à la question des études théâtrales. Il y a un décalage entre les aspects théoriques et pratiques. C’est-à-dire, que depuis de longues années, la pratique théâtrale algérienne a évolué presque totalement seule, à l’exception du travail de médiatisation que fournit la presse.» Pour sa part, Mohamed Mediouni, chercheur et auteur tunisien, membre du jury, nous explique à propos des critères de sélection : «Nous avons privilégié les recherches novatrices, basées sur une méthodologie totalement maîtrisée et qui constitue une valeur ajoutée aux recherches existante». Quant à cet aspect «international», qui a été voulu  pour le « Prix Mustapha-Kateb », il s’agit notamment, selon Makhlouf Boukrouh, de faire sortir le théâtre algérien des frontières nationales. «Nous devons aller vers l’universalité et je pense que ce prix peut y contribuer», estime le président du Jury. En ajoutant à propos des travaux reçus, que  «nous avons enregistré en plus de la participation d’Algériens, celles de chercheurs palestiniens, jordaniens et irakiens. Je crois que c’est un bon début. Et d’une manière générale, les travaux se sont focalisés sur la pratique du spectacle. Cela veut dire que ces chercheurs se sont déplacés pour assister à des représentations ou ont suivi des comédiens algériens à l’étranger».

 Par ailleurs, pour l’année 2019, le directeur  du TNA annonce d’ores et déjà que dans le sillage  du « Prix Mustapha-Kateb», un programme spécial sera lancé pour commémorer l’héritage d’icônes du théâtre algérien, intitulé «Plein feu », destiné à mettre en lumière les grands artistes du théâtre algérien.