L’affaire des harraga, interceptés jeudi dernier au large d’Oran, s’achemine vers un procès en justice mettant au-devant de la scène un réseau de passeurs de migrants clandestins.

C’est du moins la première déduction possible après le placement en détention provisoire de deux personnes, hier, par le procureur de la République de Ténès, dans la wilaya de Chlef. Selon le procureur Khaldi Amine, cité hier par l’APS, l’enquête ouverte par les services de la Police judiciaire a abouti à l’arrestation de deux personnes suspectées d’avoir été les organisateurs de la tentative de traversée des migrants clandestins vers l’Espagne. Le magistrat a indiqué à l’agence de presse que ces deux individus ont été présentés devant le juge d’instruction avec d’autres personnes interpellées pour le chef d’inculpation de «trafic de migrants» et «constitution de groupe criminel organisé» suspecté de «traite des personnes». Dans cette affaire, c’est l’article 303 bis du code pénal qui est invoqué, suite auquel le magistrat instructeur a ordonné la mise en détention provisoire des deux prévenus. L’enquête se poursuit afin d’identifier toutes les personnes impliquées. Le 20 décembre dernier, neuf migrants clandestins, dont trois mineurs, ont été remis aux gardes-côtes de Ténès par l’équipage d’un bateau commercial libérien, qui venait d’Espagne en direction d’Annaba. Ces neuf Harraga ont été découverts en pleine mer, au nord d’Oran, après que leur embarcation ait coulé, avec à son bord 29 migrants clandestins qui voulaient rejoindre l’Espagne. Les vingt autres personnes ont disparu.