Le Comité national de prévention et de lutte contre la traite des personnes, en coordination avec l’Organe national de la protection et de la promotion de l’enfance, a organisé, hier à l’hôtel Mercure d’Alger, une journée d’information et de sensibilisation sur le rôle de la société civile

, dans la lutte contre la traite des enfants sous le thème «Tous ensemble pour lutter contre la traite des enfants », en présence de la présidente des réseaux de la société civile Nouara Jaâfar, de la présidente du Croissant-Rouge algérien, Saïda Benhabylès, et les représentants des ministères de la Justice, de l’Intérieur et du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale.
En effet, et comme le souligne le président du Comité national de la prévention et de la lutte contre la traite des personnes, Hadj Lamine, la meilleure approche pour lutter contre la traite des enfants réside, selon lui, « dans le renforcement de la prévention grâce à la sensibilisation permanente de la société civile, la lutte, le suivi et la collaboration internationale », a-t-il indiqué. En ajoutant : « L’Etat a opté pour une approche exhaustive en la matière, notamment dans la définition plus précise du cadre juridique. » A titre illustratif, les gens impliqués dans la traite des enfants encourent une peine qui varie entre 5 et 10 années de prison, selon la gravité des faits. Concernant les victimes de la traite, l’interlocuteur a fait savoir que la société civile doit s’impliquer davantage dans leurs prises en charge matérielle et psychologique, tout en restant éveillé à ce phénomène grâce à la dénonciation systématique des crimes. D’où le besoin de la coordination des tous les acteurs actifs dans le domaine.
La déléguée nationale de la Protection de l’enfance, Meriem Cherfi, a tenu à rappeler à cette occasion que le respect des droits de l’homme doit commencer par le respect des droits de l’enfant. «La traite des gens est une atteinte grave aux droits de l’Homme », a-t-elle martelé. Dans cette optique, l’intervenante a crié haro sur l’exploitation des enfants dans les affaires de sexe, en faisant allusion aux multimédias dédiés spécialement à cet effet et à l’argent sale engendré. Pour y faire face, elle rappelle l’existence du numéro vert de l’enfant, le 11 11, mis à la disposition de toute personne concernée de près comme de loin afin de dénoncer les crimes commis contre eux.
De son côté, la présidente du Croissant-Rouge algérien, Mme Saïda Benhabylès, a tenu à préciser que « la traite des enfants doit être envisagée d’un point de vue religieux et moral et non pas politique », a-t-elle soutenu. «La source de ce problème réside dans la rue, l’origine de tous les maux de la société algérienne comme la mendicité, la prostitution, les crimes et le terrorisme » a-t-elle ajouté. Dans ce sillage, la présidente du Croissant-Rouge algérien a fait savoir que son organisme, et avec la collaboration du ministère de la Solidarité et celui des Affaires religieuses, va organiser vers la fin de janvier 2019, à Alger, une rencontre nationale pour débattre de la mendicité, des sans-abri et de la traite des personnes. « Ce sera un débat de fond », a-t-elle précisé. Par ailleurs, le représentant d’une association activant dans le cadre du Réseau national de la société civile, Nabil Hedjazi, a tenu quant à lui à signaler la lenteur des processus de la prise en charge des témoins qui dénoncent un tel crime. Selon lui, ces témoins se trouvent, à leur tour et leur grande surprise, sujets à des interrogatoires. Chose qui a été réfutée durant les débats par les différents concernés, à l’issue desquelles de nombreuses propositions ont été avancées par les intervenants. Il s’agit notamment de contrôler l’arrêt forcé de la scolarisation de certains enfants, le travail forcé d’autres et l’appel à l’interdiction de la rentrée des mineurs aux stades de football, un endroit mal vu par les différents orateurs.