La ministre de la Solidarité nationale, de la Famille et de la Condition féminine a annoncé, hier, une petite révolution dans le domaine des services d’aide et de soins aux personnes âgées. Ce secteur réservé à l’Etat devrait, en effet, s’ouvrir au privé et permettre à des opérateurs particuliers spécialisés d’investir le créneau de l’accueil et de l’aide aux personnes du 3e âge qui le souhaitent.

A ce titre, Mme Ghania Eddalia a évoqué hier en des termes précis l’élaboration en cours, par son département, d’un texte – un projet de décret exécutif, a-t-elle précisé – permettant d’ouvrir la porte des investissements aux opérateurs privés «possédant des moyens matériels pour la prise en charge des personnes âgées». Les services aux personnes âgées prodigués par le privé existent déjà en Algérie. Ils sont le plus souvent exercés par un personnel soignant et aide-soignant qui se déplace à domicile, mais ces activités restent encore peu ou pas du tout encadrées.
Pour la ministre de la Solidarité, il s’agit d’offrir à ces opérateurs qui travaillent dans la discrétion le cadre légal nécessaire et d’aller encore plus loin. Vers où ? Sera-t-il possible d’aller par exemple vers l’ouverture de véritables centres d’accueil pour personnes âgées ? Ou de maisons spécialisées ? Des questions auxquelles il est difficile de répondre pour l’instant, notamment en raison de la nécessité d’un débat sur la prise en charge des personnes âgées dans le contexte algérien, celui d’une société musulmane respectueuse des parents et des ainés. Mais aussi en raison de cette autre question qui se posera certainement, sachant que beaucoup de parents ou personnes âgées vulnérables se trouvent aujourd’hui dans des centres d’accueil à l’exemple des Dar Errahma : on parle ici de la demande et de la viabilité, en Algérie, des centres spécialisés payants, comme cela se passe dans les pays occidentaux par exemple.
En attendant d’en savoir un peu plus sur le projet de décret exécutif annoncé, la ministre de la  Solidarité a indiqué, hier, que  3 151 45 personnes, sur un total de 962 710 (34%), ont bénéficié en 2018 de l’allocation forfaitaire de solidarité (AFS) avec une garantie de couverture sociale et sanitaire. «Le nombre des femmes âgées bénéficiaires de l’AFS sur l’ensemble des bénéficiaires s’est élevé à 171 958, soit un taux de 54,6%», a-t-elle précisé. Le montant de l’AFS, rappelle-t-on, s’élève à 3 000 dinars. Elle ne devrait pas être revue à la hausse car «la personne âgée bénéficie de dispositifs sociaux et sanitaires et d’autres aides» et «la conjoncture financière du pays ne permet pas la révision de cette allocation», a expliqué Ghania Eddalia.
Concernant la réservation de 1% des postes de travail aux personnes handicapées, la ministre a indiqué que «différents secteurs, publics et privés, et institutions ont été contactés pour recenser le nombre des recrutements de personnes de cette catégorie», indiquant qu’«au cas où ces institutions ne respecteraient pas les dispositions stipulées par la loi sur la protection des personnes handicapées dans le recrutement de cette catégorie, elles seront appelées à verser une contribution de 1% de leurs budgets ou revenus au profit de la solidarité nationale». Ghania Eddalia est intervenue hier à l’occasion d’une journée d’étude sur les dispositifs sociaux pour la prise en charge des personnes âgées en Algérie, sur le thème «ensemble pour garantir une meilleure vieillesse».

Bon à savoir
Le nombre d’interventions sur le terrain des cellules de proximité de solidarité ciblant les personnes âgées souffrant de précarité sanitaire et sociale, ou se trouvant en situation difficile, se sont établies à 186 148 entre 2017 et 2018. La ministre de la Solidarité a indiqué à ce sujet que, du premier janvier au 30 août de l’année en cours, ces cellules ont effectué au niveau national des opérations de médiation sociale au profit de 23 800 personnes âgées, qui ont bénéficié des différentes aides à domicile, outre  33 924 autres, dont 28 735 femmes, bénéficiaires de microcrédits représentant un montant global de 2,8 milliards de dinars
Pour la généralisation de la carte pour personne âgée, la ministre a indiqué que «plus de 130 000 cartes ont été distribuées à travers les directions de l’action sociale et de la solidarité à travers les wilayas», soulignant que  «614 personnes âgées
ont été réinsérées dans leur milieu familial, à travers la médiation familiale, ou auprès de familles d’accueil», entre 2017 et 2018.