C’est à l’orchestre de l’Association musicale Nedjm Kordoba de Constantine qu’est revenu le privilège de donner le la à la première soirée musicale de la 3e édition de Hadrat El Andalous, dont le coup d’envoi a été donné ce vendredi 21 décembre au Palais de la culture Abdelkrim-Dali d’Imama (Mansourah).

Cette dernière, créée en 2001, s’est progressivement développée pour décrocher, en 2014, le Premier prix du Festival national de la musique andalouse de Tlemcen. Grâce à une maîtrise parfaite, l’ensemble du groupe a su dès les premiers instants capter l’attention des nombreux mélomanes présents qui les ont longuement ovationnés à la fin du spectacle. La première soirée a été clôturée en apothéose par la prestigieuse association Slam de Tlemcen, qui a présenté à cette occasion de nombreuses œuvres classiques de la musique andalouse tlemcénienne, faisant montre d’une grande sensibilité en totale harmonie avec un public déjà conquis. Cette soirée inaugurale a été rehaussée par la présence du wali de Tlemcen Ali Benyaïche, sous le haut patronage duquel est placée cette 3e édition dédiée à la mémoire de Cheïkh Larbi Bensari, en son 54e anniversaire de sa disparition (24/12/1964-24/12/2018). A cette occasion, un représentant du comité d’organisation du Festival, Bensenouci Ghouti, a mis en relief l’importance de ce legs musical et poétique, soulignant les efforts consentis par les associations musicales et les hommes de culture pour préserver cet héritage culturel et artistique ancestral, reflétant la richesse patrimoniale de nombreuses régions du pays, telles Constantine, Alger, Blida et autres. Pour sa part, le wali de Tlemcen a relevé l’importance de cet évènement musical, se félicitant de la place qu’il occupe d’année en année dans le paysage artistique national. Ce festival, qui se déroulera du 21 au 28 décembre 2018, verra la participation de 17 associations musicales, dont la part du lion revient à Tlemcen, ville organisatrice, avec huit associations, trois d’Oran, El Nahda, Nassim El Andalous et Mustapha Belkhodja, deux de Sidi Bel Abbès, Redouane Bensari et El Andaloussya, une de Constantine, Nedjm Kordoba, une de Meliania, Zirya, et une de Bordj Bou-Arréridj, Bibane El Andalous, ainsi qu’une de Paris, Les Airs andalous. S’agissant de Tlemcen, citons la Slam, Ryad El Andalous, El Kortobya, Gharnata, El Mouwahidia, Ahbab Cheïkh Larbi Bensari et Mohammed Bouali, ainsi que le grand orchestre de Tlemcen, regroupant 14 associations musicales, lequel se produira en clôture. L’animation est signée Réda Benosman « prêté » pour la circonstance par la radio locale qui assurait la retransmission directe via la voix off suave, à l’accent tlemcénien, de Rabéa Bouchouar, qui reparaît après une longue éclipse. Dans ce sillage, relevons que le « live » n’est pas assuré sur la page Facebook du Palais de la culture. Concernant le volet conférences, annoncé pompeusement sous le libellé « Rencontre culturelle internationale sur la musique andalouse « Senaâ », le programme y afférent s’illustre par un « néant » et la journée d’étude prévue samedi 22 décembre a dû être annulée ou reportée, faute de public. A noter l’absence de deux associations, à savoir Awtar Tilimsen, dont on ignore le motif de la défection, et Tarab El Acil. Quant à cette dernière, et par on ne sait quel tour de passe-passe juridico-administratif, elle se voit exclue de facto depuis plusieurs années de tout festival musical local, si l’on en croit son président. Et pour cause. L’administration représentée conjointement par la Drag et la direction de la culture en aura ainsi décidé. En effet, celle-ci introduira une requête en dissolution de ladite association auprès de la justice, parallèlement à la mise en branle, tenez-vous bien, d’une mesure conservatoire (gel des activités) « comme s’il s’agissait d’un club interlope aux activités équivoques », nous fera remarquer non sans ironie notre interlocuteur. D’ailleurs, les deux officiers (police et gendarmerie) n’ont pas caché leur étonnement à ce sujet à l’occasion de la remise de la notification y afférente, nous confiera-t-il. Cette dérive administrative fait suite, entre autres, à la publication sous sa plume d’un article intitulé « Autopsie d’un festival » comme elle intervient à la faveur d’une dissidence commanditée d’un clan de l’orchestre, selon lui. Nonobstant, sereine, la section administrative près le tribunal de première instance vient de débouter la partie plaignante, nous apprendra le président qui a eu ainsi gain de cause. Ceci dit, ce dernier n’attend que la levée de la mesure conservatoire pour reprendre ses activités. Force est de constater que la requête en question ainsi que la mesure dite conservatoire, qui ont, faut-il le souligner, défrayé la chronique locale, constituent un précédent dans les annales de la vie associative, en l’occurrence musicale.