Quatorze ans après le lancement des travaux, la réception du stade de Baraki se fait toujours attendre. Depuis, plusieurs ministres de la Jeunesse et des Sports se sont succédé en suivant les travaux dont l’actuel locataire de la Place du 1er mai, M. Mohamed Hatab. Mais le niveau de réalisation a atteint à peine 65%, selon les spécialistes en la matière. Du jamais vu dans l’histoire des constructions d’un simple stade de football !

Furieux de constater, une fois de plus, un nouveau report pour la réception du nouveau stade de Baraki, repoussée finalement de janvier 2019 au début juillet de la même année, le ministre de la Jeunesse et des Sports Mohamed Hattab ainsi que le wali d’Alger Abdelkader Zoukh ont haussé le ton hier. Lors d’une visite d’inspection sur chantier, les deux responsables ont carrément mis en demeure l’entreprise chargée du projet, la China Railway Construction Engineering Group (CRCEG). « Ces reports à répétition ont gravement nui à notre réputation et mis notre crédibilité en doute, car à chaque fois nous avançons une nouvelle date pour la réception de ce stade et elle n’est jamais respectée. A présent, c’est fini. Plus aucun retard ne sera toléré, quelles que soient les circonstances », a martelé le MJS en s’adressant au directeur général adjoint de la CRCEG, Nazim Ghanem. Et dire que l’Algérie prétendait à organiser la Coupe d’Afrique ou la Coupe du monde alors qu’on est même pas capable de respecter les délais de réalisation des infrastructures dont les débuts des travaux datent d’une dizaine d’années ! Il faut signaler que la société chinoise CRCEG (China railway construction enegieering group) chargée de la réalisation, qui travaille sur chantier depuis janvier 2012 sous la conduite d’un bureau d’étude français chargé du suivi, s’était engagée à le livrer fin 2017. Puis de report en report, le stade est toujours en chantier.

Les différents constats du ministre des Sports

Mieux encore, on se souvient qu’au mois de mai dernier, à l’occasion d’une visite de travail inopinée, au stade de Baraki, le ministre Mohamed Hattab avait été stupéfait et malgré le très beau temps ce jour-là, de n’avoir trouvé sur le chantier que 15 ouvriers. Cette situation est vraiment inadmissible», a fulminé le ministre. «Nous devons mobiliser tous les moyens humains et matériels pour pouvoir réceptionner le complexe de Baraki en décembre 2018», a réclamé M. Hattab, dont les propos ont été rapportés par l’agence officielle APS. Lancé en 2009, le projet du stade de Baraki d’une capacité de 40.000 places et qui s’étend sur une superficie de 67 hectares, pour lequel l’État a consacré une importante enveloppe financière, est toujours en chantier avec la précision de taille : les délais de réalisation n’ont jamais été respectés. La preuve, lors de la dernière visite du ministre sur ce même chantier le 16 octobre dernier, M. Hattab a déclaré que «le projet a été lancé il y a 14 ans, et après un tel retard, nous espérons tous le voir s’achever le plus tôt possible. Nous avons mobilisé tous les moyens humains et matériels nécessaires pour que le projet soit livré fin décembre 2018, mais si la réalisation d’un meilleur travail exige un peu plus de temps, alors il n’y a pas de problème, pour peu que cet ajournement n’aille pas au-delà de janvier 2019 ».

Les Chinois pas convaincants

Aujourd’hui sur le terrain, le constat est « catastrophique ». Les responsables de la CRCEG ont tenté d’expliquer le retard accusé par des «désagréments qui échappent au contrôle», comme les jours de grandes pluies, pendant lesquels le travail devient impossible sur le chantier. «Ce n’est plus une excuse valable» a immédiatement rétorqué Hattab, considérant que «même s’il pleut toute la journée, les ouvriers devront se rattraper dès le passage de l’averse, quitte à travailler toute la nuit». Selon lui, «c’est désormais la seule solution pour rester dans les temps» et réceptionner ce stade à la date convenue.  Le MJS a insisté pour que le nouveau stade de Baraki «soit achevé dès la fin juin 2019», ce qui permettra de l’inaugurer «le 5 juillet», date ô combien importante pour l’Alger, car coïncidant avec la fête de l’indépendance nationale et de la jeunesse. De son côté le wali d’Alger fait remarquer qu’il y avait renforcement de l’effectif qui est passé de 226 à 500 ouvriers, pour accélérer la cadence, «or, nous constatons aujourd’hui que ce renforcement des effectifs n’a pas été fait, et vous devez en assumer les conséquences, car si maintenant retard il y a, c’est parce que vous n’avez pas respecté votre dernier engagement», a estimé Zoukh. A noter que les deux responsables étaient accompagnés du nouvel ambassadeur de Chine en Algérie, et qui a été installé il y a à peine deux semaines. Concernant les autres stades toujours en cours de réalisation, le ministre a annoncé que le stade de Douéra «sera réceptionné après celui de Baraki», vers décembre 2019.