C’est un exploit historique qu’a réalisé la JS Saoura dimanche en se qualifiant pour la première fois depuis sa « création » à la phase de poules de la Ligue des Champions CAF. Dix années après la refondation du club de Béchar, le voilà invité parmi le gotha africain après avoir échoué à passer le tour préliminaire de ce tournoi dans son édition 2017. Une superbe performance qui récompense une ascension fulgurante.

Il y a deux années, la JS Saoura voyait son chemin s’arrêter dès son entrée en lice dans la C1 continentale. Le Unugu Rangers international FC (Nigéria), qui joue cette saison la Coupe de la Confédération CAF, avait éliminé les Bécharis sans qu’ils ne perdent (1-1 à l’aller / 0-0 au retour). Si les Nigérians ont rétrogradé à la seconde compétition de la CAF pour la séquence en cours, ce n’est pas le cas des Algériens qui sont revenus à la charge lors de cette cuvée 2019 de la LDC. Un retour concluant puisque les vice-champions d’Algérie sortants ont passé les deux tests face au SC Gagnoa (Côte d’Ivoire) et IR Tanger (Maroc) respectivement. Les coéquipiers de Sid-Ali Yahia-Chérif ont commencé par battre les Ivoiriens (2-0/0-0) avant de se défaire des Marocains au terme d’une double confrontation palpitante. Les Dz ont commencé par s’imposer 2 buts à 0 lors de l’acte I à domicile avant de tenir bon chez les voisins en ne s’inclinant que par la plus petite des marges (1/0). Suffisant pour le bonheur des « Aigles du Sahara » qui se sont assuré une place parmi le « top 16 » en Afrique en compagnie du CS Constantine, champion d’Algérie en titre et l’autre représentant du pays dans cette messe.

La constance comme mot d’ordre

Ce strapontin parmi les 16 meilleurs clubs du continent est tout sauf un coup de chance pour un team qui affiche une constance dans les performances. La régularité et l’ambition y sont pour beaucoup dans le parcours de la JS Saoura de la 5e division du pays jusqu’au sommet du football algérien et -maintenant -les devants de la scène africaine. Tout a donc commencé en 2008 à Meridja, dont le chef-lieu est situé à 77 km à l’ouest de Béchar, lorsque le club a été refondé au mois de septembre.  En effet, il faut savoir que la JSS a été créée, pour la première fois, le 10 juin 1968. Elle est née de la fusion de la JSB (Jeunesse sportive bécharienne) et de la ESD (Etoile du Sud de Debdaba) et regroupait pas moins de quatre 4 disciplines : football, tennis, volley-ball et judo.
Suite à sa refondation, le team du Sud alignera 4 accessions d’affilée. Champion respectif dans la Ligue régionale de Béchar (2008-2009), premier du groupe Ouest de l’inter-régions (2009-2010), premier de la poule Ouest-Centre de la Division nationale amateur (DNA) lors de l’exercice 2010-2011, le club cher à Mohamed Zerouati, chairman depuis toujours, accède à la Ligue 2 professionnelle où il terminera sur la deuxième marche derrière le CA Bordj Bou Arréridj. Une place de dauphin synonyme d’une montée historique au palier suprême que la franchise bécharie n’a plus quitté depuis, contrairement aux Bordjiens qui ont rétrogradé par la suite.

D’autres challenges
se profilent
Actuellement, la JSS occupe la 4e place du classement après la fin de la phase « aller ». Le podium, qu’ouvre l’ES Sétif (24 points), n’est qu’à une seule longueur. La deuxième moitié de la saison sera riche en matchs et en défis. Le chairman Zerouati le sait très bien. « Après cette qualification, nous avons prouvé que l’équipe est sur la bonne voie. J’espère que les autorités locales seront plus proches du club pour l’aider à avancer. D’autres challenges attendent la JS Saour à l’avenir. Je dédie cette qualification aux 40 millions d’Algériens. Aussi, elle est dédiée à Ayache de M’sila qui a perdu la vie », a déclaré le fantasque président qui ne manque jamais de faire des sorties médiatiques polémiques. Cette fois, l’euphorie l’a stimulé. Dimanche, à Tanger, ses joueurs ont livré une rude bataille. Il a fallu un grand portier pour rester en vie dans cette campagne. Abderraouf Natèche, vedette du jour avec ses parades décisives, a mis l’accent sur la prestation collective : « Nous avons confirmé que la JS Saoura n’a pas volé sa qualification à la phase de poules. On la mérite vu les efforts consentis face à l’équipe de Tanger. Nous avons fait face à tous les obstacles et nous avons réussi à rentrer au pays avec le ticket. Je vous confirme qu’elle a été acquise grâce à tous les joueurs, dirigeants et supporters et pas uniquement Natèche. C’est un exploit collectif », a-t-il réagi.
Désormais, c’est une autre aventure qui commence avec des adversaires d’un très haut niveau. On citera les mythiques Al-Ahly SC, TP Mazembe, ASEC Mimosa outre l’ES Tunis qui est tenante du titre. Les « Jaune et Vert » devront prouver qu’ils ne sont pas là pour faire de la figuration. En tout cas, sur le plan national, ils sont une valeur sûre depuis un certain temps.