Le rapport annuel sur la situation des droits de l’Homme en Algérie sera remis au président de la République au «début 2019». Le document est en cours d’élaboration et de rédaction, a indiqué, hier à Alger, la présidente du Conseil national des droits de l’Homme (Cndh),

Mme Fafa Sid Lakhdar Benzerrouki. Elle a déclaré qu’en perspective de la publication de ce rapport, le Conseil a «tenu dimanche dernier une assemblée générale en présence des représentants des ministères des Affaires étrangères, de l’Intérieur, de la Justice, de la Solidarité nationale ainsi que des Affaires religieuses et des Wakfs». Il s’agit, pour ces départements, «de contribuer à tous les aspects liés aux droits de l’Homme», a-t-elle dit. Et d’assurer que le Cndh «recevra également les rapports des différentes instances étrangères pour y répondre dans son rapport annuel». Le rapport 2018 sur les droits de l’Homme est un document attendu cette année sur diverses questions, dont celles de la migration clandestine, la liberté associative, les libertés des médias, et de la presse électronique, en particulier, qui a fait la chronique judiciaire durant ces dernières semaines, avec son cortège d’interpellations et de mises en détention préventive, dénoncées en Algérie comme à l’étranger comme une atteinte à la libre expression et au libre exercice de l’information et de la communication. D’ici la publication de ce document, la présidente du Cndh a fait savoir, hier, que 1 448 plaintes et requêtes ont été déposées auprès de ses services en 2018. Près de 900 cas ont été traités, a-t-elle ajouté, soulignant que le Conseil, créé en vertu de la Constitution 2016, «a reçu durant cette même année, 826 personnes au siège du conseil à Alger et au niveau de ses bureaux régionaux». Outre les nationaux, le Cndh a également reçu des ressortissants de pays européens et africains, car la Constitution algérienne et le Conseil s’intéressent à la protection des droits de toutes les personnes, qu’il s’agisse de citoyens algériens ou de ressortissants étrangers, a précisé Fafa Sid Lakhdar Benzerrouki, qui s’est exprimée à l’occasion du début d’une session de formation sur la cybercriminalité. A ce sujet, la présidente du Cndh a informé de l’élaboration en cours d’un projet de loi, par le ministère de la Justice, pour lutter contre la cybercriminalité. Le texte sera soumis au Parlement, après son adoption par le Conseil des ministres, a-t-elle poursuivi, assurant que l’Algérie «dispose d’un arsenal juridique de lutte et de prévention contre la cybercriminalité», rappelant la loi N° 04-15 modifiant et complétant le Code pénal. Le législateur algérien «a durci les peines», concernant les cas où «la défense nationale ou les organismes de droit public» sont ciblés par la cybercriminalité, a-t-elle souligné.