Les chiffres avancés par Mohamed Loukal, gouverneur de la Banque d’Algérie donnent le tournis. D’abord les chiffres astronomiques du mécanisme de financement non conventionnel, ou la planche à billets pour rester terre-à-terre, ensuite les analyses faites par les différents économistes.

Le «succès» obtenu par la mise en œuvre de la planche à billets, tel qu’exposé par Loukal, contraste avec les cris au loup des «spécialistes» de la chose monétaire. Tous prédisent la géhenne pour bientôt, et le passage obligé par le FMI, auquel l’Algérie avait prêté des sommes conséquentes il y a quelques années, quand le pétrole caracolait à des prix à trois chiffres.
Ce même FMI avait pris «sous sa coupe» dans les années 1990 une Algérie exsangue ravagée par un terrorisme qui ne pratiquait pas que la terre brûlée. L’insigne institution de Bretton Woods nous avait alors «conseillé» attentivement, et le résultat a été une inflation à deux chiffres, qui flirta avec les 30%. Avec l’accompagnement du FMI, les réformes de Hamrouche, la «bénédiction» du FIS, le bidon d’huile est passé de 25 à plus de 280 DA.
Une inflation record en Algérie, et … sans la planche à billets.
Aujourd’hui, et après avoir joué pendant quelques mois à l’imprimeur de nouveaux billets, la B.A. donne l’impression de maîtriser son sujet. La preuve en est le contrôle des tendances inflationnistes, même si, au passage, on «oublie» de comptabiliser les envolées de prix de certains produits. Les politiques économiques n’étant que des théories, il est difficile d’en appliquer les unes pour un pays, avec succès, de les calquer et de les proposer à un autre. La théorie de Maynard Keynes a bien eu le mérite de faire sortir le monde occidental, les Etats-Unis en tête, du krach boursier de 1929. La même théorie n’a pas été d’un grand secours après, tout comme la Banque mondiale a été d’un grand désastre pour l’économie argentine, avec des remèdes utilisés avec brio pour d’autres «abonnés» des chirurgiens de la finance mondiale.
Il est peut-être temps pour nos économistes et crieurs au loup de se pencher sérieusement sur le cas Algérie. C’est vrai que Loukal peut nous mener à la déroute, c’est peut-être aussi vrai que Ouyahia s’est trompé, mais ne faudrait-il pas être plus clairvoyant en essayant en commun de trouver une sortie de crise, au lieu d’indiquer l’adresse de Christine Lagarde ?
Assurément oui, si l’on prend la peine de faire des analyses financières neutres, sans aucune connotation politicienne.