Les deux instituts signent une convention-cadre pour une coopération scientifique sur les questions de sécurité et de défense au sens large, ainsi que sur le projet de renforcer l’arsenal algérien de prospective sur les questions d’intérêt national.

Le Centre de recherche en économie appliquée pour le développement (Cread) et l’Institut militaire de documentation, d’évaluation et de prospective (IMDEP) ont signé lundi à Alger une convention-cadre en vue de promouvoir la recherche scientifique dans des domaines jugés d’intérêt commun pour les deux institutions. La convention paraphée par le directeur général du CREAD, Yacine Belarbi, et celui de l’IMDEP, le général-major Bachir Berkani, porte en particulier sur le développement de la recherche sur des questions liées à la défense. Leur initiative annonce une coopération intensifiée et prometteuse entre un centre de recherche civil et un autre militaire même si ce n’est pas la première fois que l’institution militaire nationale s’ouvre au monde universitaire et à la recherche dans le civil.

Les deux parties se sont entendues pour la contribution du personnel chercheur du CREAD à l’encadrement scientifique des publications de l’IMDEP, à sa participation également aux travaux des expertises élaborées par l’institut militaire ainsi qu’à l’acquisition par ce dernier des travaux de recherche réalisés par les chercheurs du CREAD. Ces échanges porteront sur des sujets ainsi que sur des questions d’actualité nationale, régionale et internationale et devront aboutir à la mise en place d’un cercle de réflexion et d’action scientifique commun et ayant pour centre d’intérêt privilégié celui de la sécurité et de la défense. Le résultat de ce travail sera en partie publié par la revue spécialisée de l’IMDEP «Strategia». 

A propos de la convention-cadre, le directeur général du  CREAD a exprimé son souhait qu’elle ait des « effets positifs » sur le centre de recherche qu’il dirige ainsi que sur celui de l’IMDEP.  Yacine Belarbi s’est dit convaincu de l’intérêt à travailler avec les militaires sur des questions sur lesquelles ses équipes de recherche ont déjà travaillé à l’exemple de la migration, les dynamiques économiques dans les espaces-frontières et autres dossiers « larges », mais qui relèvent, eux aussi, en raison des bouleversements enregistrés dans notre pays et son espace régional, des préoccupations de sécurité et de défense. 

« Opportunité » pour une action scientifique mixte

Pour Aziz Nafa, maître de recherche au CREAD, la convention-cadre est une « opportunité  pour dégager des actions, des axes et projets de recherche à développer » par les parties contractantes « en vue d’une contribution scientifique de haut niveau ». Et « qui ne concerne pas uniquement les questions de sécurité et de défense au sens strict du terme, mais sur tous les thèmes ayant des effets sur le territoire, sa gestion et sa stabilité à l’instar des flux migratoires irréguliers. »

Aux yeux du général-major Bachir Berkani, la convention signée avec le CREAD « va permettre d’élaborer des études bénéfiques pour nous deux instituts de recherche. Elle ouvre la voie à une collaboration étroite sur des domaines de recherche et de réflexion qui intéressent nos deux parties ». C’est, selon cet officier de haut rang, une occasion de rapprochement entre deux secteurs  dont l’échange de savoir et d’expertise aura un double impact : l’encouragement de cercles scientifiques réputés pour travailler seuls et dans leur  coin,  sortir d’un cloisonnement désormais dépassé par les nouvelles visions et doctrines de défense et de sécurité, et renforcer le potentiel et dispositif de prospective de la recherche dans notre pays.  

C’est ce qu’a déclaré également le sociologue et chercheur Mohamed Saib Musette spécialisé au CREAD dans les questions relatives aux migrations et aux mobilités. « Les échanges entre les deux parties  peuvent  servir à fédérer les atouts et les compétences  et donner ainsi de la puissance et de la capacité d’anticipation » aux experts algériens   sur les questions qui intéressent le pays.