Les services de l’inspection du travail ont procédé à l’établissement de 210 720 documents, dont 54 561 procès-verbaux (PV) d’infraction et 19 350 observations écrites, lors de visites sur terrain de contrôle de l’application de la législation et de la réglementation du travail,

au cours des dix premiers mois de l’année 2018, a révélé, samedi l’inspecteur général du travail, Boualem Aïssaoui, lors de son intervention sur le bilan de l’Inspection générale du travail (IGT), dans une rencontre des cadres de l’inspection du travail. Le total des visites de contrôle effectuées par les services de l’IGT, au cours de la même période, s’élève à 229 344 au niveau de 176 256 entreprises. Le même intervenant a, d’autre part, fait savoir que dans le domaine de l’information, de l’orientation et de l’accompagnement des partenaires sociaux, les services de l’inspection du travail ont reçu 157 099 personnes, dont 87 741 travailleurs, 18 127 représentants des travailleurs et 51 231 représentants d’employeurs. Les thèmes abordés ont porté sur les conditions difficiles de travail, la question des salaires et les relations de travail.

En matière de contentieux, il a indiqué que les services de l’inspection du travail ont enregistré «92 grèves au cours de la même période, dont le taux de suivi a dépassé 17%» et que le nombre de journées perdues, en raison de ces débrayages avait dépassé 890 000 pour les travailleurs grévistes, qualifiant ce taux de «faible par rapport aux nombre global des travailleurs», avant d’ajouter que dans la plupart de ces grèves «les dispositions prévues par la loi n’ont pas été respectées». Les principaux motifs de ces grèves, d’ordre professionnel et social, sont la révision du régime des rémunérations et des indemnités, l’amélioration des conditions de travail, le non-versement des salaires aux échéances prévues et le non-renouvellement des contrats de travail, a-t-il précisé.
Pour rappel, le ministre du Travail, de l’Emploi et de la Sécurité sociale, M. Mourad Zemali, avait déclaré que la grève illimitée à laquelle ont appelé certains syndicats ces dernières années, particulièrement l’année écoulée dans le secteur de l’Education, n’était pas autorisée par les lois de la République et n’était pas reconnue. Le droit de grève est consacré dans toutes les Constitutions et a été souligné dans la Constitution de 2016, notamment en ses articles 70 et 71. Le premier stipule que le droit syndical est reconnu pour tous les citoyens, alors que le second stipule que le droit de grève est reconnu et exercé dans le cadre de la loi. L’arsenal juridique mis en place dans ce domaine, notamment les dispositions de l’article 5 de la loi n°11-90 relative aux relations de travail, amendée et complétée, et les dispositions de l’article 36 de l’Ordonnance 03-6 portant statuts généraux de la Fonction publique, lesquelles stipulent que la grève est un droit pour les travailleurs et les fonctionnaires. Pour encadrer ce droit, des mécanismes, des garde-fous et des dispositifs consacrés par la loi 02-90 relative à la prévention et au règlement des conflits collectifs de travail et à l’exercice du droit de grève, ont été mis en place avant l’entame de ces grèves.n