Les services de la Gendarmerie nationale à Oran ont intercepté à nouveau une tentative d’immigration clandestine. L’opération a été menée, samedi dernier, par une unité de Canastel en collaboration avec deux autres de Bir-El-Djir, chef-lieu de la commune. Elle a conduit à l’interpellation de 28 personnes, dont des femmes, qui étaient sur le point d’embarquer vers les côtes espagnoles, appréhendés en deux temps et en groupes distincts.

Le premier groupe, constitué de 7 personnes âgées de 17 à 35 ans, a été arrêté alors qu’il se trouvait aux environs du port de pêche de Kristel en possession de huit jerricans de carburant d’une capacité de 30 litres chacun. Les fûts étaient dissimulés dans un sous-bois et ont été découverts à la suite de l’interception du groupe sur la route départementale numéro 75, entre Oran et Kristel. Cette arrestation a ensuite conduit à 21 autres personnes qui devaient elles aussi prendre la mer vers l’Espagne. Parmi elles, quatre (4) mineurs dont une fillette de dix ans, selon les indications que nous avons obtenues de bonne source.
Outre les 28 personnes appréhendées, les services de la Gendarmerie nationale ont pu arrêter un individu considéré comme un « passeur professionnel ». Originaire de Sidi-Chahmi et habitant un bidonville de cette localité, le nommé B. R. figurait sur le fichier des personnes recherchées par la justice. Sa chute, assure une source, devrait avoir un « impact sérieux » sur la diminution du phénomène de la « harga » qui a connu durant ces dernières semaines une recrudescence spectaculaire à Oran et les wilayas du littoral de l’ouest algérien.
Ce n’est pas la première fois que les services de sécurité parviennent à faire capoter des tentatives de traversée clandestine vers l’Espagne. Depuis plusieurs années, le littoral oranais, de Mostaganem à Aïn Témouchent, est devenu le théâtre d’une migration irrégulière vers les côtes espagnoles proches, mobilisant les services de sécurité et les gardes-côtes de la marine nationale.
La particularité de l’opération anti-migration clandestine effectuée par les services de la Gendarmerie nationale, cette fois, est d’avoir découvert que parmi les 28 personnes candidates à la « harga » figurent trois ressortissants étrangers. Il s’agit de deux Palestiniens et d’un Yéménite qui cherchaient eux aussi à gagner les côtes espagnoles à tout prix et avaient sur eux la somme modique de  1 570 euros.
Pour rappel, le 21 décembre dernier, les unités du groupement territorial des gardes-côtes d’Oran ont découvert deux cadavres en état de décomposition avancée. Le premier corps, de sexe masculin, a été repêché par les gardes-côtes en patrouille en mer, à 10 heures du matin, à 2 miles au nord de Cap Falcon (Aïn El Turck). Le deuxième corps, également, en état de décomposition avancée, est celui d’une femme, repêché à 11 heures 30 par les gardes-côtes, en patrouille en mer, à 20 miles au nord de Cap Falcon. Une enquête a été ouverte pour identifier ces deux cadavres. Le 20 décembre, une embarcation de harraga a sombré au large d’Oran, entraînant la mort de 20 passagers, dont des enfants. Ce drame a provoqué une onde de choc dans la métropole de l’Ouest algérien notamment à Saint-Eugène, le quartier dont sont originaires les victimes du naufrage.