Ni les conditions climatiques défavorables en ce mois de décembre ni les lois pénalisant les sorties du territoire national par les voies illégales, ni le risque de se faire arrêter par les gardes-côtes italiens et espagnols ne semblent pouvoir arrêter les départs des haraga des côtes algériennes vers la rive Nord de la Méditerranée.

A Aïn Témouchent, les gardes-côtes du groupement territorial de Béni Saf ont mis en échec deux tentatives de départ de haraga vers les côtes espagnoles et intercepté 19 personnes. La première opération, menée dans la nuit de vendredi à samedi, a permis aux éléments des gardes-côtes de Béni Saf d’intercepter une embarcation, à 20 miles marins au nord du port de Béni Saf. Sept personnes ont été arrêtées après avoir pris le départ à partir des plages de la commune de Honaïne (Tlemcen), selon l’APS, qui cite les gardes-côtes. Samedi, une autre tentative a été déjouée par les éléments des gardes-côtes du port de Bouzedjar. Ils ont intercepté 12 personnes, dont deux mineurs, embarquées sur la côte de Cap Blanc, dans la wilaya d’Oran. Leur embarcation pneumatique a été interceptée à 10 miles marins au nord du port de Bouzedjar. Ces interceptions interviennent au moment où les familles des vingt migrants morts jeudi dernier au large des côtes oranaises après que leur embarcation ait pris feu, n’ont toujours pas fait leur deuil. Toujours sur le même sujet, les unités du groupement territorial des gardes-côtes d’Oran ont mis en échec, dimanche, une tentative d’émigration clandestine de 11 personnes, a-t-on appris de la cellule de communication de ce corps de sécurité.
Ces 11 candidats à l’émigration clandestine, parmi lesquels se trouvait une femme enceinte, ont été interceptés à bord d’une embarcation pneumatique, dimanche à 6 heures du matin, à 6 miles au nord du port d’Oran, par les gardes-côtes en patrouille, a indiqué la même source.
Pour rappel, deux corps sans vie ont été repêchés, samedi après-midi, par les unités du groupement territorial des gardes-côtes d’Oran, au large de Gdyel (Est d’Oran), a-t-on appris, dimanche, de la cellule de communication de ce corps de sécurité. Il s’agit des dépouilles d’une femme et de sa fille. Les deux corps ont été repêchés à 17 heures 30 respectivement à 2 miles au nord de Kristel (Gdyel) et à 3 miles de Cap Aiguille. Les services de la brigade de la gendarmerie de Gdyel ont réussi à identifier les deux corps. Selon la même source, ce drame a touché toute une famille y compris le père et le fils qui faisaient partie du groupe des 20 candidats à l’émigration clandestine dont l’embarcation a pris feu au large d’Oran.
« Le père est toujours porté disparu tandis que le fils, secouru, se trouve actuellement à l’hôpital de Ténès (Chlef) », a souligné la même source. Par ailleurs, les unités territoriales des gardes-côtes d’Oran poursuivent les opérations de recherche des autres passagers de cette embarcation portés disparus, a-t-on assuré.
Au cours de ce mois de décembre, ils sont plusieurs centaines de personnes, voire plus, à monter sur des embarcations de fortune à l’Ouest du pays. Les gardes-côtes ont réussi à arrêter près de 200 personnes. A ce chiffre s’ajoutent les personnes qui ont réussi à mettre les pieds en Espagne, celles décédées en mer ainsi que les embarcations interceptées par les gardes-côtes espagnols.<