L’annonce faite samedi à Zéralda par la secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT), Louisa Hanoune, quant à de probables décisions importantes qui seraient annoncées dans les prochains jours par le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, sur les futures présidentielles de 2019, a créé une situation d’attente aussi bien parmi la classe politique qu’au sein de l’opinion publique.

Le pavé Hanoune est-il annonciateur d’une éclaircie et d’une décantation de la scène politique nationale ? Même si elle s’est sentie obligée d’apporter plus de précisions dans son propos de la veille, en désignant ses sources par le vocable « des milieux » en lieu et place des
« pas officielles à 100% », Mme Hanoune évoque bel et bien un rendez-vous avec des décisions importantes que prendrait le chef de l’Etat d’ici à la fin de la semaine. Interprétation ou information officielle, l’horloge politique nationale semble ainsi réglée à la date du 26 décembre qui verra, selon la passionaria du PT, le président de la République annoncer des décisions importantes en lien direct avec l’organisation du scrutin présidentiel autour duquel ont été écrits plus d’un scénario !
« Probablement, ce 26 décembre il y aura de nouveaux développements. Il se peut que ce soit la signature de la Loi de finances 2019. Il se peut aussi que le président annoncera des décisions », a-t-elle déclaré à l’occasion du 7e congrès de son parti au terme duquel elle a été réélue secrétaire générale. Sur sa lancée, la chef du PT dira que « des sources presque officielles, mais pas officielles à 100%, nous ont dit de nous attendre, ce mercredi, à du nouveau », a-t-elle expliqué sur un ton d’espoir de voir ces décisions présidentielles permettre « une clarification » de la situation pour voir et savoir
« où nous allons ».
Il faut relever ici que la chef du PT n’a pas manqué, bien avant la pléthore des initiatives lancées par les différents acteurs politiques, à faire état d’un flou total qui marque, depuis plusieurs mois, la situation politique du pays.
Un avis qu’elle confirmera lors du congrès du PT en s’interdisant tout positionnement ne reposant pas sur des faits vérifiables.
« On ne peut prendre aucune décision en l’absence de données. C’est le flou le plus total ». On entend le porte-parole du RND dire que les présidentielles doivent se tenir dans les délais. D’autres partis du pouvoir ne parlent plus du 5e mandat. C’est très difficile de faire une lecture de la situation », a -t-elle souligné par la même occasion.
Qualifiant d’inédite la situation actuelle du pays et estimant que « les scissions au sein du pouvoir sont évidentes », Mme Hanoune admet une impossibilité à prévoir ce qui va se passer à l’avenir.
« Il nous est impossible de prévenir quoi que ce soit sur le cours terme », a-t-elle indiqué, tout en émettant des reproches aux initiatives lancées par le TAJ de Amar et le MSP d’Abderezak Makri. « On a entendu le président de TAJ parler d’une conférence à laquelle prendra part tous les partis et acteurs. Ce sera une sorte de foire et de kermesse. Le cadre est très flou », soutient la patronne du PT sur un fond de désapprobation des deux offres émanant du TAJ et du MSP.
Au-delà des curiosités suscitées par le pavé qu’elle vient de lancer dans un contexte politique national dominé par l’incertitude, et même si Mme Hanoune n’a pas été affirmative sur les décisions importantes qu’annoncerait mercredi le président Bouteflika – attendu par ailleurs pour la signature de la Loi de finances 2019-, des interrogations s’imposent.
Les décisions importantes qu’annoncerait M. Bouteflika conforteraient-elles une des initiatives portées sur la place publique récemment ? Ou bien dépasseraient-elles ce que suggéraient les Amar Ghoul, Abderezak Makri et les autres ? Sans doute, les probables annonces du président vont déterminer la place, l’impact et les objectifs des offres politiques qui continuent visiblement à dérouter citoyens et observateurs. Peut-être que les mesures que va annoncer le premier magistrat du pays contribueraient à éclaircir des initiatives politiques que même leurs promoteurs n’ont pas pu expliciter. En tout état de cause, si le chef de l’Etat annonce des mesures importantes comme le suggérait Mme Hanoune, cela ne manquera pas de remettre les pendules à l’heure et de mettre probablement fin à cette situation pour le moins confuse à moins de cinq mois du délai constitutionnel des présidentielles de 2019. <