La présidente du Croissant-Rouge algérien (CRA), Saïda Benhabylès, a de nouveau pointé du doigt les pays qu’elle considère être à l’origine de la migration, notamment celle à laquelle s’adonnent irrémédiablement les jeunes issus des pays africains.

Ces pays, ce sont d’abord ceux qui constituent les forces de l’Otan, dont l’intervention en Libye a « déstabilisé » la région du Sahel, a affirmé Mme Benhabylès, invitée de la Chaîne III sur les ondes de la Radio nationale.
Mais pour que l’Otan intervienne en Libye, il a fallu que l’ONU cautionne cette action, a tenu à préciser la présidente du CRA. « Il n’y a pas que l’Otan, il y a aussi ceux qui ont pesé de tout leur poids pour que l’Otan intervienne en Libye », a-t-elle, en effet, martelé, non sans exprimer son étonnement face à la « célérité » dont a fait usage le Conseil de sécurité pour autoriser cette intervention. « Je n’ai jamais vu une résolution du Conseil de sécurité appliquée avec célérité telle que celle adoptée pour l’intervention de l’Otan en Libye ».
Rappelant que les jeunes Africains
« désespérés, confrontés aux conflits, à la pauvreté et à la mal-vie » sont obligés de quitter leur pays. Cette situation « a de quoi inquiéter sérieusement », a estimé
« l’invitée de la Chaîne III », qui poursuit que « pour atténuer un tant soit peu cette souffrance humaine, il faudrait que ceux qui en sont à l’origine assument leur responsabilité », considérant que les premiers à devoir le faire sont « ces pays qui, à l’ONU, se sont déclarés en faveur d’une intervention en Libye ». Mais pas que ça. Il faudrait également qu’on cesse enfin d’exploiter les pays aujourd’hui pourvoyeurs de migrants tiers, de les
« démocratiser » à travers des politiques interventionnistes et de « les déstabiliser en y provoquant des conflits internes », a-t-elle ajouté, avant de déclarer « ne pas comprendre que la communauté internationale qui, « comme pour soulager sa conscience », organise une conférence sur le sujet des migrations et élabore une Charte des migrants. Et de se demander si cette Charte peut contribuer à apporter une solution au problème. « Moi, je dis non ! », répond-elle d’un ton de colère.
A propos des pressions exercées sur l’Algérie pour qu’elle fasse barrage au flux des migrants qui désirent se rendre en Europe, Mme Benhabylès dira encore une fois que le pays est « habitué à ce genre de scénario ». Elle fait remarquer, à ce propos, que « l’histoire se répète quand il s’agit d’exploiter la souffrance des autres » et, ajoute-t-elle « aujourd’hui, il s’avère que c’est celle des migrants ». Elle dira aussi ce qu’elle a déjà dit plusieurs fois, à savoir que « l’Algérie n’est en rien responsable des situations humanitaires créées dans des pays d’Afrique ». L’Algérie « n’a pas spolié les biens » de ces pays, a-t-elle souligné, en référence à ce qui l’ont fait et continuent de le faire. De l’aide sanitaire apportée aux flots incessants de migrants, elle signale qu’au niveau de l’hôpital de Tamanrasset, 37% des prestations sanitaires sont dispensés au bénéfice de ces derniers et que lorsqu’il n’est pas possible de traiter un malade sur place, celui-ci est évacué vers l’un des hôpitaux à Alger.