La secrétaire générale du Parti des travailleurs (PT) Louisa Hanoune a été réélue, hier, pour un autre mandat à la tête de sa formation politique à l’issue du 7e congrès organisé à Zéralda.

C’est le nouveau comité central du parti, issu du congrès qui a élu Louisa Hanoune après proposition de sa candidature par Djelloul Djoudi, le responsable de la communication du parti. Tout de suite après son élection, Louisa Hanoune a indiqué que « le 7e congrès doit être un nouveau départ pour le parti ». A plus forte raison quand l’Algérie « vit une situation inédite d’opacité totale jamais connue depuis l’indépendance du pays». « L’Algérie est à la croisée des chemins », a-t-elle lancé, avant d’expliquer que « rien n’est au-dessus de la pérennité de la Nation comme il est impossible de réaliser un projet d’avenir, sans paix et souveraineté nationales ».

Expliquant que le bureau politique, le véritable exécutif du Parti des travailleurs, n’a pu être élu à l’issue du congrès, elle a annoncé qu’il sera temporairement remplacé par une instance de gestion des affaires courantes. « Mais on peut convoquer le comité central, à tout moment si l’urgence le requiert », note-t-elle, arguant que « personne ne peut savoir ce qui peut se passer d’ici janvier prochain». Dans ce cadre, la secrétaire générale du parti a plaidé en faveur de « la réalisation d’un consensus politique » à travers « l’élection d’une assemblée nationale constituante, consacrant la souveraineté du peuple et qui réunira les conditions politiques nécessaires à l’instauration d’une véritable démocratie, la préservation de l’unité nationale et l’édification d’institutions fortes ».
Les initiatives politiques lancées par des formations politiques, à l’instar de la proposition du parti Tadjamou Amel Al-Djazaïr (TAJ) appelant à la tenue d’une conférence nationale, ainsi que celle de Abderrezak Makri ont été également largement abordées par Mme Hanoune. Elle n’a pas manqué encore une fois de s’interroger sur « les objectifs et les missions de ces conférences ». « Qui les convoque ? Quelle sera leur composante ? ». Selon elle, « ces questions sont déterminantes pour nous car si la conférence nationale a pour mission de réformer la Constitution comme l’expliquent les auteurs des initiatives, c’est une tout autre question ». Et pour cause, « une conférence nationale n’a pas la légitimité de procéder à une révision de la Constitution », fait-elle remarquer. Avant d’insister : « A moins que le pouvoir n’estime que l’APN n’a pas la légitimité requise et, à ce moment-là, il n’a qu’à organiser des élections législatives anticipées ». Mais, en tout état de cause, la patronne du PT exige de connaître l’identité véritable des initiateurs de ces conférences. « Si c’est le Président qui veut une conférence nationale qu’il le dise », lance-t-elle. Et d’enchaîner : « Après obtention de réponses à ces questions, notre formation politique fixera sa position. ». Par ailleurs, la porte-parole du PT a accusé les journalistes d’avoir déformé ses propos à propos de la possibilité d’annonces importantes mercredi prochain. « Aujourd’hui, j’ai découvert dans certains journaux mes déclarations, reprises même à l’étranger, faites hier sur des décisions qui seront annoncées. Je comprends que les journalistes sont dans une situation difficile mais je n’ai rien déclaré de tel. J’ai dit que des milieux parlent de la possibilité de prendre des mesures, le 26 décembre. Ce sont des interprétations et non pas une information officielle », a-t-elle corrigé. Sur le plan politique, la patronne du PT a endossé l’entière responsabilité au gouvernement : « Le gouvernement est totalement responsable de la situation sociale délétère même si des efforts sont fournis en la matière. » Dans le même ordre d’idées, la secrétaire générale du PT a évoqué « la détérioration du pouvoir d’achat des citoyens suite à la politique d’austérité imposée par l’Etat », mettant en garde, à ce propos, contre « la gravité de la situation ».<