Pour répondre aux besoins de sa population active à l’horizon 2050, la région Mena devra créer 300 millions d’emplois. C’est le vice-président de la Banque mondiale (BM) pour cette région, Ferid Belhadj, qui l’a annoncé lors d’un séminaire organisé vendredi dernier à Tunis et consacré à la présentation du rapport de la BM sur le développement dans le monde en 2019.

Ces 300 millions d’emplois à créer paraîssent plutôt difficiles à concrétiser ou tout au moins à atteindre pour peu que la région connaisse une croissance économique fulgurante. Cela dépendra de nombreux facteurs endogènes. En effet, cela dépendra de l’environnement des affaires et des réformes structurelles que devront engager de nombreux pays de la région. Deux domaines où la région Mena accuse de sérieux retards. Faut-il ajouter dans ce sens que le mode de gouvernance en place dans certains pays de la région freine plus qu’il n’encourage la croissance. Il existe une autre donne et non des moindres qui pousse à croire que le besoin de création d’emplois va continuer d’être de plus en plus fort : c’est la poussée démographique dans le région Mena. Le taux de chômage qui demeure élevé dans la région est la parfaite illustration de la poussée démographique. Autre constat de terrain révélé par une étude : une rigidité du marché du travail et une population active en rapide expansion. Et du coup la coexistence de ces deux facteurs imposent un fardeau écrasant aux gouvernements des pays de la région. Toujours dans ce même registre, il y a lieu de savoir d’après des estimations que l’expansion de la population active imposerait aux pays de la région la création de 80 millions de nouveaux emplois au cours des deux prochaines décennies. En outre, pour employer les personnes actuellement au chômage, la région devra créer 20 millions d’emplois de plus. Au Maghreb, il faudra créer 16 millions d’emplois environ pour les nouveaux demandeurs et 22 millions environ pour satisfaire à la fois les demandes des chômeurs et celles des nouveaux arrivants sur le marché du travail. Et enfin d’ici 2050, les besoins vont atteindre les 300 millions un saut quantitatif qui trouve sa raison par la poussée démographique comme souligné auparavant. Le vice-président de la BM suggère que « chaque pays de la région doit créer 10 millions d’opportunités d’emploi chaque année . Pour ce faire, selon lui, il y a lieu d’ouvrir la voie au secteur privé », qui « constitue le moteur de l’économie », a-t-il conseillé. Ce dernier a en outre souligné qu’il «est nécessaire d’optimiser les ressources humaines via des réformes éducatives et en soutenant les compétences ainsi que le secteur privé, « car l’Etat ne peut fournir toutes les opportunités d’emplois. Son rôle est de soutenir le marché de l’emploi », a souligné dans intervention Fridj Belahdj.<