Le débat actuel sur la prolongation éventuelle du mandat de l’actuel chef de l’Etat ou encore le report de l’élection comme formulée par le Mouvement de la société pour la paix (MSP)

, n’est pas du goût de certains partis qui rejettent toute prolongation du mandat sous peine de violer la Constitution. C’est ainsi qu’aux yeux du Rassemblement pour la culture et la démocratie (RCD), il est impératif de respecter les échéances constitutionnelles. «Il y a des délais constitutionnels, il faut les respecter et on ne voit pas pourquoi ces délais ne seront pas respectés», a d’entrée expliqué Maître Sadat Fetta, députée RCD, d’Alger et membre de la direction du parti. Selon elle, «la Constitution ne prend pas en charge ce cas de figure et en principe, dans un Etat de droit, on doit toujours se référer aux textes fondamentaux de l’Etat et de la République». Dès lors, elle demande des explications sur les fondements de l’option de la prolongation du mandat : «Il faudrait qu’on nous explique en vertu de quoi et les raisons qui feront qu’il y aurait une prolongation du mandat présidentiel». A son avis, «c’est un autre signe qui atteste que l’Algérie se trouve dans une impasse institutionnelle d’une extrême gravité». Pour la députée du RCD il est impératif de «se pencher sur les véritables problèmes qui se posent au pays, dont le problème du pouvoir d’achat qui est en train de s’éroder progressivement et qui pourrait être la source de problèmes futurs qui pourraient même menacer la stabilité du pays». Abdellah Djaballah, président du Front pour la justice et le développement (FJD), estime, également, que l’option de la prolongation du mandat présidentiel «n’a aucune base juridique ni aucun substratum légal. La Constitution est claire en la matière», puisqu’«elle ne permet pas cette prolongation». M. Djaballah exige des explications des partisans de la prolongation du mandat ainsi que de ceux qui plaident pour un report du rendez-vous de 2019 au motif qu’il «ne comprend pas les objectifs de ceux qui formulent de telles propositions». Djelloul Djoudi, le responsable de communication du parti des travailleurs (PT), explique que «les partis et formations de la scène nationale sont libres de faire des propositions politiques. Simplement, le PT milite pour une assemblée constituante, l’édification et l’instauration d’une véritable démocratie, l’élection d’institutions légitimes et crédibles». «On ne répond pas aux spéculations et aux rumeurs concernant une prolongation du mandat présidentiel», précise Djoudi à ce propos. S’agissant du Front des forces socialistes (FFS), la direction du parti se focalise actuellement sur la mise en œuvre du consensus national, qu’il prône, comme seule option de sortie de crise. «Notre position est de nous retourner vers la population à laquelle nous proposons notre initiative de consensus national qui impliquera l’ensemble des acteurs sociaux, politiques et syndicaux pour une sortie de crise consensuelle qui aboutira en définitive à l’instauration d’une seconde République», indique un membre de l’instance présidentielle du parti. Envers et contre tous, le Mouvement de la société pour la paix (MSP) plaide, lui pour un «un report du scrutin». Nacer Hamdadouche, membre du majliss echoura du parti, expliquera que son parti a «appelé à cette prolongation car le pays est embourbé dans une crise telle qu’il est impératif de réaliser des réformes politiques profondes avant d’envisager une élection présidentielle».