Le parti Talaie El Hourriyet, de l’ancien chef du gouvernement Ali Benflis, veut une présidentielle à la date prévue. Les dirigeants de cette formation considèrent que tout report de ce rendez-vous électoral, prévu au printemps 2019

, risque d’être un facteur d’aggravation de la «crise politique» que traverse le pays. Ils affirment être «convaincus» que la «tenue d’élections libres, régulières, loyales, transparentes, aux échéances électorales prévues par la Constitution, est de nature à éviter à notre pays le risque d’instabilité et à permettre au peuple algérien d’exprimer souverainement ses choix». Leur annonce de vouloir s’en tenir uniquement au calendrier électoral fixé par la Constitution est accompagné du refus de s’engager ou d’«adhérer à une quelconque démarche qui risque d’aggraver la crise au lieu d’ouvrir la voie à une solution durable à la crise que vit notre pays».

La position est exprimée à travers un communiqué publié hier par le bureau politique du parti, en réaction à «des scénarios qui s’élaborent pour tenter de sauver le régime politique en place et lui permettre de sortir de l’impasse politique actuelle, à son unique avantage».
Dans cette déclaration, l’instance dirigeante de Talaie El Hourriyet, qui tient sa réunion ordinaire chaque fin de mois, fait également le bilan d’une année qui «se termine sur une crise politique aiguë, une situation économique critique avec des indicateurs au rouge, des prévisions inquiétantes pour les prochaines années et un profond malaise social».
Elle réagit aux positions, exprimées récemment, par TAJ, une formation de la majorité présidentielle, et du MSP, un parti d’opposition, dont le leader Abderrazak Makri a souhaité le report du scrutin présidentiel d’avril 2019 à une date ultérieure, suggérant que le contexte de crise actuel ne se prête pas à l’organisation d’un événement de cette importance. Pour le bureau politique de Talaie El Hourriyet, qui ne cite aucun auteur de ces déclarations et initiatives, mais qui semble surtout faire allusion à la suggestion largement diffusée par la presse et selon laquelle on s’acheminerait vers un report du scrutin présidentiel après un amendement de la Constitution, il s’agit de «scénarios» qui «s’élaborent» pour «tenter de sauver le régime politique en place et lui permettre de sortir de l’impasse politique actuelle, à son unique avantage».
«De telles initiatives, affirme-t-il dans son communiqué, sont, en soi, une reconnaissance de la situation difficile que traverse notre pays, par des segments du pouvoir politique en place qui a toujours nié que notre pays vivait une crise
profonde dont il porte l’entière responsabilité.»
La justification, par Talaie El Hourriyet, de son refus d’adhérer à un dialogue en perspective d’un report de la présidentielle – le leader de TAJ a proposé pour cet objectif la tenue d’une «conférence nationale» – tient dans le passage suivant du communiqué de son bureau politique : «Alors que le pouvoir politique en place n’a, malheureusement, jamais daigné répondre aux propositions responsables et sérieuses de partis de l’opposition et de personnalités nationales pour une sortie de crise consensuelle, n’hésitant pas à accuser les auteurs de ces initiatives de vouloir semer la fitna et de tenter de déstabiliser le pays, des cercles de ce même pouvoir politique reconnaissent, aujourd’hui, des vertus au dialogue et à la concertation à quatre mois de l’échéance du mandat présidentiel actuel.» Réponse du berger à la bergère, donc. En guise de contre-proposition, le parti de Ali Benflis préfère rappeler l’initiative lancée par son leader à travers le programme qu’il a présenté pour sa campagne présidentielle de 2014, à savoir organiser «l’ouverture d’un dialogue inclusif pour une sortie de crise, consensuelle, pacifique, durable, graduelle. Proposition qui a été avalisée dans une résolution du Congrès constitutif du Parti et dont la première étape est la consécration de la légitimité populaire par des élections libres». En d’autres termes, Talaie El Hourriyet ne se prononce pas sur les propositions actuelles de l’opposition et sur des initiatives comme celles du collectif Mouwatana, à propos duquel il observe un silence qu’il s’agira de décrypter à l’avenir. Il considère que seules des élections restent la meilleure voie de sortie de crise.n