Louisa Hanoune, la secrétaire général (SG) sortante du Parti des travailleurs (PT) a animé, hier, un point de presse en marge du deuxième jour du congrès de son parti qui se tient à Zéralda. A cette occasion, elle a évoqué les deux initiatives politiques lancées par Amar Ghoul, le président de TAJ, et celle d’Abderezak Makri, le président du Mouvement de la société pour la paix (MSP).

« On attend à connaître l’identité des véritables initiateurs de ces initiatives. Qui sont derrière ces démarches ? » a-t-elle lancée d’entrée avant de soutenir : « Si c’est le pouvoir qui est derrière qu’il s’exprime», a-t-elle interpelé précisant
qu’« il y a une différence entre une initiative qui émane du pouvoir qui détermine sa nature et ses objectifs et l’initiative qui vient d’un parti ».
Qualifiant les deux démarches de
« peu claires, n’aident pas à la visibilité et à la décantation puisqu’on ne sait pas qui sont les véritables initiateurs ». Louisa Hanoune fera remarquer que ceux qui sont pour le moment revendicateurs de conférences nationales ne sont « que des partis politiques». « Il y a des gens qui disent que ces conférences seront à l’origine d’une révision de la constitution et d’un report de la présidentielle. Mais, ce ne sont que des partis qui s’expriment.
Toutefois, si le pouvoir et les autorités venaient à s’exprimer et à dire ce qu’ils ont précisément l’intention de faire, on prendra notre position officielle ». « On ne peut pas se positionner officiellement par un oui ou par un non par rapport à des initiatives avant de connaître les véritables auteurs qui sont derrières ainsi
que les véritables décisions qui en découleront », a-t-elle encore expliqué en réponse à l’insistance des journalistes.
Dans le même ordre d’idées, la patronne du PT estime qu’une conférence nationale, « est une notion a-constitutionnelle, c’est-à-dire qu’elle n’existe pas dans la constitution ».
Louisa Hanoune, qui se montrera très critique à l’égard de la démarche de Ghoul, qualifie son initiative de « foire ou kermesse ». Selon elle, « c’est un cadre très opaque, où on ne connaît pas quel est l’objectif de ces initiatives ? ». S’agissant de l’initiative de Makri, Louisa Hanoune s’étonne du fait que le président du MSP associe les autorités : « Il dit que cette initiative appartient à son parti, mais dans le même temps, il explique qu’il faut que le pouvoir prenne part », lance-t-elle avant d’interroger « est-ce à dire qu’il va convoquer les pouvoirs publics pour qu’ils soient présents ? ». Aussi et en réponse aux assertions tant du président de TAJ que celles du MSP selon lesquelles leurs initiatives sont accueillies favorablement, Louisa Hanoune fait observer que
« quand Makri ou Ghoul disent que tous les partis sont d’accords avec leurs initiatives, cela est faux car on n’a pas discuté avec eux sur leurs démarches respectives ».

« Le 26 décembre, le président pourrait faire des annonces »
A la question de connaître les perspectives du pays à quelques encablures de la présidentielle de 2019, Louisa Hanoune parle d’« opacité absolue ». « La lecture de la scène politique est très difficile. C’est une situation des plus inédites. On ne peut faire de lectures », lance-t-elle. Elle en veut pour preuve le fait que même des formations de l’alliance présidentielle ne sont pas fixées pour l’heure : « Le RND continue encore à appeler à ce que l’élection présidentielle se tient dans les délais constitutionnels et les autres partis de l’alliance présidentielle ne parlent plus de cinquième mandat comme avant ». « Rien d’officiel pour l’heure et personne ne peut prédire ce qui risque de se passer », soutient-elle. Pire, à ses yeux « ce qui augmente l’angoisse c’est l’approche du rendez-vous électoral ». Toutefois, elle fait état de probables annonces importantes le mercredi prochain : « Probablement le 26 décembre, il peut y avoir du nouveau. Est-ce que c’est à l’occasion de la signature du président de la République de la loi de finances qui sera accompagné de décisions ? Peut-être », note-t-elle avant d’enchaîner « ces informations nous viennent de parties officielles qui nous ont dit ‘attendez-vous à du nouveau’ mais cela reste entre parenthèses puisqu’on ne peut pas vérifier leur crédibilité ». Par ailleurs, la SG sortante du PT se dit à l’écoute de ce qui se passe sur la scène politique et ouverte à des initiatives « claires » : « Nous ne sommes ni dogmatiques ni fétichistes, c’est-à-dire que s’il y a une majorité du peuple qui exprime une revendication autre que les conférences initiées, on sera à l’écoute ». «Aucun parti ne peut à lui seul faire sortir le pays de la crise», explique-t-elle soutenant
qu’« au PT, on a comme tradition de nous rencontrer avec les partis à l’instar de ce qui s’est passé lors de notre congrès. Nous avons des relations avec le FLN, RND, MPA, El Moustaqbel, le FFS et le RCD ».