Le baril de Brent de la mer du Nord a chuté de 10,7 %. Celui du WTI a eu la même réaction avec 11,4 %. Les courtiers dans les différentes bourses dédiées à l’or noir semblent mettre leur destin dans les mains d’une fatalité

qui a fait chuter le prix du baril du pétrole de 30 dollars en moins de deux mois, estimant à juste titre d’ailleurs que les derniers jours de l’année 2018 ne vont pas apporter un espoir de revitalisation des marchés pétroliers. Pourtant, à l’annonce de la réduction de 1,2 million de barils/jour décidée par l’Opep, une tendance à la hausse a empreint les transactions pétrolières. Tendance illusoire puisque des chutes drastiques affecteront les prix du pétrole, quelques jours plus tard. Plusieurs déductions expliquent ce phénomène de chute que l’on redoutait. Les trois premiers producteurs mondiaux d’or noir que sont les Etats-Unis, l’Arabie saoudite et la Russie n’ont jamais aussi pompé que ces derniers mois, chacun pour des raisons différentes. La crainte d’une récession mondiale économique après les mesures protectionnistes et menaces envers la Chine, Canada et l’Union européenne confondus, n’ont pas amélioré le climat des affaires ni celui de la météo qui s’annonce peu consommatrice de chauffage, donc de pétrole ou de gaz. Il y a bien eu la déclaration de l’Opep de fixer le quota de réduction pour chaque pays membre, avec un accord que l’on devine avec la Russie, mais cela n’a pas eu pour effet de susciter la moindre réaction du marché,
« qui va, au mieux, hiberner », selon les spécialistes. Il y a eu, enfin, des problèmes de politique internes des States qui se sont répercutés sur le fébrile marché de l’énergie. Trump, encore lui, un adepte du chantage, s’est essayé cette fois avec la nouvelle majorité démocrate, se comportant en enfant gâté qui veut à tout prix son jouet : le mur entre les frontières US et mexicaines. Pour sa promesse électorale, il avait promis un mur financé par son voisin du Sud. C’est comme si Israël avait sollicité les Palestiniens pour rémunérer le mur séparant l’entité juive de la Cisjordanie. Le « Shutdown » a déclenché, une panne financière qui ne peut être débloquée que par le vote du Sénat, le financement du « mur des lamentations » de Trump avec la bagatelle de 5 milliards de dollars en faisant partie, c’est toute la payday des fonctionnaires américains qui s’en trouve bloquée. Et les conséquences sur l’économie américaine, et par ricochet, celle pétrolière et mondiale. Mais même sans cette « sucette » refusée au président américain, le marché pétrolier n’aurait pas réagi à la hausse, les conjonctures étant plus importantes et plus profondes que l’humeur versatile de Donald Trump.