Les «Verts» ont retrouvé quelque peu de leur verve depuis que Djamel Bemadi a débarqué sur le banc. Du charisme, du caractère et beaucoup de rigueur sont les traits de la personnalité du driver de l’EN qui a su redonner confiance à son groupe en peu de temps. Preuve à l’appui, les «Fennecs» sont partis assurer la qualification à la CAN 2019 à Lomé le 18 novembre dernier face au Togo. Deux ans et demi après leur dernier succès à l’extérieur. Si l’Equipe nationale commence à changer, Belmadi a assuré, dans une interview accordée à aljazeera.net, qu’il est resté fidèle à sa philosophie prônée lorsqu’il entraînait au Qatar.

Avec «El-Khadra», l’ancien international algérien a décidé de transposer le travail qu’il réalisait avec Al-Duhail. Une méthode efficace qui a eu beaucoup de succès lui valant nombreux trophées. Pour l’instant, la greffe se passe plutôt bien parce que le successeur de Rabah Madjer a convaincu beaucoup de monde depuis qu’il est en place. Surtout après la dernière large victoire (1/4) ramenée des terres togolaises pour le compte de la 5e journée des éliminatoires de la Coupe d’Afrique des nations 2019.
L’ex-sociétaire de l’Olympique Marseille a dit : «J’ai fait exactement ce que j’avais l’habitude de faire à Al-Duhail que ce soit avec les joueurs, l’institution et tout ce qui touche à l’équipe. J’ai formé mon staff technique et médical. J’ai également travaillé pour mettre en place un environnement adéquat pour les joueurs. J’ai également lancé certains nouveaux joueurs. Peut-être qu’ils n’étaient pas connus auparavant, mais ils méritent amplement de porter le maillot national.»

Il n’était bel et bien pas le plan «A» de la FAF

Belmadi est aussi revenu sur la façon dont il a été enrôlé pour coacher Raïs M’Bolhi et consorts. Sa version confirme bien qu’il n’était pas vraiment le «plan A» de la Fédération algérienne de football (FAF) : «Tout le monde me connaît et ce n’est pas après avoir trouvé un accord avec la FAF que j’ai quitté mon poste d’Al-Duhail. Les gens peuvent dire ce qu’ils veulent. Mais Dieu seul sait la vérité», a-t-il précisé en révélant que «ce n’est qu’après avoir appris mon départ d’Al-Duhail que la Fédération algérienne a pris attache avec moi. Elle m’a contacté trois semaines après avoir quitté le club. Ses responsables m’ont expliqué qu’ils voulaient de moi comme sélectionneur national.»
Pour les raisons l’ayant poussé à claquer la porte avec le club qatari, celui qui était maître à jouer de l’Algérie entre 2000 et 2004 note : «Nombreux ceux qui ont été surpris d’apprendre ma décision de quitter Al-Duhail à cette période précise. Je préfère garder pour moi les raisons de cette décision, que j’avais bien évidemment expliquées aux responsables d’Al-Duhail. J’avais constaté entre la fin du précédent exercice sportif et l’été dernier que l’équipe n’était pas suffisamment prête pour atteindre ses objectifs. On devait bien travailler afin de la préparer pour la saison à venir. Et comme je voulais conserver le titre du championnat du Qatar, j’avais alors pris la décision de quitter mon poste.»

Le collectif et son vrai atout
Pour revenir au coaching et la vie avec l’EN, Belmadi a affiché ses ambitions et sa mentalité de winner. Notamment pour ce qui est d’un éventuel triomphe lors de la prochaine CAN. Certes, il a précisé dernièrement que ça ne sera pas tâche facile mais coach Djamel a indiqué qu’«Il faut avoir cette mentalité de gagneur. Une mentalité basée sur l’ambition et la volonté. En fixant de grands objectifs à mes joueurs, j’essaie de leur apporter de la confiance en soi. C’est exactement ce que font les grandes équipes qui remportent régulièrement des titres. Si on minimise nos objectifs, on n’y arrivera jamais.» Par ailleurs, pour ce qui est de la composante humaine de la sélection, il fait savoir qu’elle renferme des footballeurs de talent. Toutefois, Belmadi sait que la force d’une équipe réside dans son collectif. A ce sujet, il souligne qu’ «il ne faut pas compter uniquement sur un seul joueur, même s’il s’agit d’une star. Vous avez le meilleur exemple devant vous qui est l’Argentine qui veut compter seulement sur Messi. C’est l’une des raisons pour laquelle l’Argentine n’a rien pu faire ces dernières années. Je préfère me concentrer sur le groupe, même si nous disposons d’un joueur comme Mahrez capable de faire la différence. Il est clair que c’est un grand joueur qui a beaucoup de qualités. Mais compter seulement sur lui pourrait lui mettre une pression supplémentaire.»
Pour clore, rappelons que Belmadi dirige, depuis le 20 décembre au Centre Technique national (CTN), de Sidi Moussa, le stage de l’Equipe nationale composée essentiellement des joueurs évoluant en Algérie. Un regroupement qui sera ponctué par une joute amicale face au Qatar le 27 du mois en cours à Doha. n