BAIC International Industry Algeria (BIIA) a inauguré hier son usine d’assemblage automobile à Batna, dans la commune de Oued Echaâba.

Troisième projet du genre à élire domicile dans la capitale des Aurès − après ceux de Hyundai Trucks & Bus (GMI) et Kia (Gloviz) de Global Group − cette usine voit le jour à la faveur d’un partenariat entre l’EURL Sariakauto Handler et le groupe chinois BAIC Motor, avec 90% de parts pour la partie algérienne contre 10% pour la partie chinoise.
Entamant ses activités selon le process CKD, l’usine assemblera cinq modèles − BAIC X25 dans une version équipée d’une boîte manuelle et une autre automatique, la BAIC X35, le BJ40, la BAIC D20 et un pick-up − qui seront commercialisés dès début janvier 2019, nous a indiqué le directeur de BIIA, Sariak Nourredine. Et de préciser que «pour la première phase, 150 véhicules/jour seront assemblés». La capacité de production augmentera progressivement pour atteindre les 60 000 unités, a indiqué M. Sariak. Les modèles déjà assemblés «seront vendus en TTC, en attendant l’accord du CNI», a souligné le même responsable.
Toutefois, BAIC propose d’ores et déjà le véhicule le moins cher du marché, en l’occurrence la BAIC D-20, affichée au prix de 1 250 000 DA. Ce tarif pourrait baisser jusqu’à 1 million de dinars une fois le projet BIIA avalisé par le CNI et les avantages fiscaux et douaniers accordés. Concernant le taux d’intégration locale, l’usine algérienne de BAIC «débute avec 26%», soutient M. Sariak, justifiant cette «performance» par le process CKD mis en place et aux «partenariats conclus avec sous-traitants locaux».
Sont cités dans ce registre Iris Pneus et une société locale spécialisée dans la fabrication des faisceaux de câblage automobile.
«Ce taux d’intégration a été obtenu aussi grâce au code d’identification du constructeur attribué par SAE International, un organisme international basé aux Etats-Unis.
Ce code permet à BAIC Algérie de graver son propre numéro de châssis, spécifique aux véhicules BAIC assemblés en Algérie », poursuit notre interlocuteur. Ce dernier ajoute que dans l’objectif de se mettre en conformité avec la réglementation et aller rapidement au-delà des 40% d’intégration, les deux partenaires engagés dans le projet développeront une activité de sous-traitance dans des espaces limitrophes à l’usine, dans le domaine de la fabrication des blocs moteurs et des pistons de moteurs.
S’étalant sur une superficie de 3 hectares, le site inauguré hier compte une surface bâtie de 8 000 m² qui accueille une partie du stock de pièces et une ligne de montage équipée, permettant d’effectuer plusieurs opérations, dont des tests de contrôle de conformité du véhicule. Une fois achevé, le projet coûtera 299,5 milliards de dinars pour le volet réalisation alors que le coût d’équipement sera de 26 milliards de dinars. Il devrait générer jusqu’à 10 000 emplois dans une deuxième phase. L’usine tourne actuellement avec 150 personnes et l’effectif atteindra «1 000 employés en mars» promet le directeur de BAIC, soulignant que «la formation et l’encadrement continus dans l’unité de Batna restent supervisés par 11 ingénieurs et formateurs chinois et coréens dépêchés par le constructeur».
Outre le marché local, BIIA a déjà mis le cap sur l’exportation de ses produits, sachant que cette entreprise a été «autorisée a exporter jusqu’à 50% de son volume de production» vers les pays de la région de Mena (Moyen-Orient et Afrique du Nord), explique encore M. Sariak, annonçant des contrats déjà signés avec des partenaires en Egypte, Arabie saoudite, Emirats arabes unis, Soudan, en Tunisie, Maroc et en Mauritanie. M. Sariak confirme que la première expédition se fera à destination de la Tunisie, courant janvier 2019.
En marge de l’inauguration de l’usine BIIA, à laquelle il a lui-même procédé, le ministre n’a pas manqué d’exprimer sa satisfaction du site et des ses équipements versés au compte du CKD.
«J’ai vu ici ce que je n’ai pas vu dans une autre usine», résume M. Yousfi. Reste à savoir si la satisfaction du premier responsable du secteur sera partagée au niveau du Conseil national des investissements.