Le FFS persiste et signe sur son projet de reconstruction de consensus national. Le plus vieux parti de l’opposition ne semble pas trop s’intéresser aux initiatives pré-électorales que connaît la scène politique. Et il l’a fait savoir, hier, à l’occasion d’un grand meeting commémoratif du troisième anniversaire du décès de feu Hocine Aït Ahmed, organisé à la salle Sierra Maestra d’Alger.

«Le FFS est profondément convaincu que la reconstruction du consensus national est la seule alternative afin d’éviter au pays une crise majeure pouvant mettre en péril son unité et sa stabilité», a déclaré, Mohamed Hadj-Djilani, dans un discours prononcé dans une salle archicomble.
«Malgré la multiplication des initiatives», a-t-il fait remarquer, le FFS reste «fidèle» à son projet de reconstruction du consensus national, «à l’élection d’une assemblée nationale constituante et l’instauration de la deuxième république». Le premier secrétaire national du Front des forces socialistes (FFS), a sciemment ignoré de répondre directement aux appels de Amar Ghoul et de Abderrezak Makri, l’un pour la tenue d’une conférence nationale inclusive sous l’égide du président Bouteflika, et l’autre pour le report de l’élection présidentielle, préférant ainsi relancer le projet cher au parti, défendu de longue date par son défunt chef charismatique. «De son vivant, Hocine Ait Ahmed a œuvré pour un contrat politique, nous réaffirmons aujourd’hui notre fidélité à la ligne politique tracée par notre défunt président», rappelle Djilani, ajoutant que
«le projet de reconstruction de ce consensus après l’indépendance du pays, pour instaurer un Etat de droit, démocratique et social, a été à l’origine de la création du FFS». Et son fondateur «n’a pas cessé de prôner la nécessité d’une assemblée constituante à la faveur d’une alternative démocratique pacifique consacrant la deuxième république», a-t-il appuyé. Pour Mohamed Hadj Djilani, la vision d’Ait Ahmed et sa vision d’une Algérie unie, démocratique et sociale «dépassent les clivages partisans». Un message on ne peut plus clair aux uns comme aux autres afin de dépasser les luttes et travailler pour le seul intérêt du pays. Et ce sont surtout les deux présidents de TAJ et du MSP qui semblent visés. L’orateur expliquera qu’au FFS, «nous sommes conscients de la responsabilité de poursuivre le combat» d’Ait Ahmed. Les efforts, pourtant, seront orientés vers la société et non pas vers la classe politique, d’après Hadj DJilani. «Nous ne ménagerons aucun effort pour construire les ponts avec la société pour construire l’avenir et réaliser le consensus national et populaire, car le peuple est la seule source de légitimité», a-t-il dit. Le premier secrétaire national du FFS soutient que son parti est «convaincu» et c’est un sentiment qu’il veut partager avec le peuple, de l’idéal démocratique. Un «rêve» auquel aspirent tous les peuples du Maghreb, et qui «signifie la justice, la dignité, la liberté et le développement».
«Le processus du changement est irréversible. La démocratie, la justice sociale, le progrès, les droits de l’Homme triompheront bien un jour», criera-t-il sous les applaudissements.
Virulente réponse à Naïma Salhi et au MAK
En outre, Hadj-Djilani n’a pas laissé passer la commémoration sans lancer quelques fléchettes. Sa cible : Naïma Salhi, la controversée députée et présidents du Parti de l’équité et de la proclamation (PEP) qui s’est attaquée à tamazight. Tout en insistant sur l’attachement du FFS «à l’identité et langue amazighes», rappelant qu’elle a été «au cœur du combat» de feu Hocine Ait Ahmed, l’orateur déclare :
«Nous disons cela pour condamner les propos de certains pseudo représentants du peuple qui sèment la haine, la division et le racisme entre les Algériens qui sont jaloux de l’unité de leur nation avec l’islam, l’amazighité et l’arabité, qui constituent les valeurs identitaires et culturelles de notre peuple». Et d’assener dans une réponse qui ne souffre aucune ambiguïté que «l’Algérie ne peut se construire sans la Kabylie, et la Kabylie ne peut exister loin du reste de l’Algérie». Une façon aussi de rejeter les appels à l’autonomie ou à l’indépendance de la Kabylie prônés par le MAK. Mais, Hadj-Djilani n’épargnera pas
«le pouvoir et sa clientèle» qui, selon lui,
«ne cessent d’œuvrer à diviser les Algériens, Mozabites, Arabes, Kabyles, Chaouis». «Nous leur disons non ! Nous sommes tous des Algériens», a-t-il lancé appelant enfin le peuple «à redoubler de vigilance et à éviter toute manipulation et diversion afin de préserver la cohésion sociale et l’unité nationale».