Il aura fallu le déplacement de Tarek Bouslama, P-DG d’Imetal (consortium industriel regroupant plusieurs entreprises, y compris le complexe sidérurgique d’El Hadjar) et Lakhdar Ouchiche, P-DG du groupe Sider, pour que le conflit opposant les 1 020 travailleurs en contrat de travail aidé (CTA) et en contrat de travail à durée déterminée (CCD) à la direction du complexe trouve enfin une solution et un accord, après plus de deux semaines de grève.

C’est un accord au forceps intervenu après d’âpres négociations avec les représentants des grévistes, soutenus par le syndicat d’entreprise, qui avaient, au départ, refusé toute proposition ne prenant pas en compte leur permanisation, une revendication qui constitue l’essentiel de leur plateforme de revendications. «Il a fallu plus de 2 heures de discussions, de propositions, de contre-propositions pour aboutir à cet accord qui satisfait les deux parties», a déclaré hier, le P-DG du complexe, Chamseddine Mâatallah, visiblement heureux de voir reprendre l’activité de l’usine suite au retour des grévistes à leurs postes vendredi vers 17h 30 après l’accord signé entre les deux parties.
L’accord en question avait buté sur le premier point, à savoir la question de la permanisation des CTA et des CDD. Les deux P-DG avaient fait comprendre avec force détails que celle-ci ne peut se faire au vu de la situation financière actuelle du complexe sidérurgique. Ce point évacué, il a été entendu que les futurs contrats seront d’une durée d’une année renouvelable après évaluation selon les critères prévus par la réglementation. Le troisième point concernait les plaintes portées contre les grévistes et l’abandon des poursuites judiciaires ; le dernier a concerné les indemnisations «femme au foyer», «remplacement intérimaire» et «conventionnement de véhicules» sur présentation des documents nécessaires. Pour ce qui est des contrats, il est prévu le passage d’une première vague de cinquante employés dans le cadre des CTA en CDD en janvier 2019 et soixante-dix autres en mai prochain, le reste se fera au fur et à mesure. Ces derniers seront payés selon la grille de Sider et leurs salaires seront de ce fait alignés sur ceux de leurs collègues. Une fois l’accord signé, les travailleurs grévistes ont libéré la voie ferrée reliant le haut fourneau aux différentes unités et le produit brut a commencé à être acheminé vers les ateliers pour être transformé après que le haut fourneau ait été mis à feu. Tous les grévistes ont rejoint leurs postes de travail et la situation est revenue à la normale. Cependant, il faut reconnaître que les travailleurs recrutés dans le cadre des CDD se sentent lésés du fait que leurs revendications n’ont pas été prises en considération pour le moment.