Une semaine après la tenue du procès en appel des 27 fidèles ahmadis, la Cour d’appel de Béjaïa a rendu, ce matin, son verdict, en confirmant le jugement de première instance, prononcé le 12 juin dernier, par le tribunal correctionnel d’Akbou.

Poursuivis pour les chefs d’inculpation d’« offense à l’Islam », de « création d’association sans agrément » et de « collecte de fonds sans autorisation », les prévenus ont été condamnés, pour rappel, à des peines de trois à six mois de prison avec sursis, tandis que les cinq femmes mises en cause dans la même affaire, ont été acquittées.

A noter qu’à l’énoncé du verdict, les avocats de la défense et les militants des droits de l’homme qui étaient présents dans la salle d’audience n’ont pas manqué d’exprimer leurs colère et indignation face à une telle décision qui s’avère, selon eux, en « flagrante contradiction » avec les droits de culte et de conscience, pourtant consacrés dans la loi fondamentale du pays.

Pour rappel, lors du procès en appel, tenu le 12 décembre dernier, le procureur de la République avait requis une peine de prison de trois années ferme à l’encontre des 27 Ahmadis à Béjaïa.

Réagissant à cette décision, Me Boubakeur Hamaïli, l’un des avocats de la défense, a déploré que « certains magistrats aient tenté de substituer des jugements moraux à des jugements justes ». 

Pour lui, « la présomption d’innocence est un abus de langage en Algérie. A ce rythme, nous ne pourrons jamais assister à un procès équitable, ni espérer avoir un jour un Etat de droit ! ».

Le vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (LADDH), Saïd Salhi, qui était présent dans la salle d’audience de la cour de Béjaïa, a, de son côté, réagi à ce verdict, en publiant un communiqué de presse sur sa page Facebook, après l’annonce du verdict.

« La LADDH tout en réaffirmant sa solidarité avec les prévenus et l’ensemble des membres de la communauté Ahmadis, rappelle que la liberté de culte doit être garanti à tous les Algériens, dans le respect de la diversité, de la tolérance et pour le vivre ensemble en paix durable », a-t-il souligné. Avant d’ajouter que « la LADDH appelle à l’occasion les pouvoirs publics à la libération de l’ensemble des détenus d’opinion, de culte, et à l’abandon des poursuites et des persécutions à l’encontre de la communauté Ahmadite, accusée par les pouvoirs publics de déviation confessionnelle. ».

  1. A. M.