Le procureur auprès de la Cour d’appel de Béjaïa a requis, hier, 3 ans de prison ferme à l’encontre des 27 Ahmadite, dont des familles entières et 5 femmes, dans une affaire qui remonte au 17 mars dernier. Les prévenus sont poursuivis pour atteinte aux préceptes de l’islam

, constitution d’association sans agrément et collecte de fonds sans autorisation, a-t-on appris du vice-président de la Ligue algérienne pour la défense des droits de l’Homme (Laddh), Saïd Salhi, qui indique que le verdict sera rendu le 19 du mois en cours. Dans sa plaidoirie, la défense des accusés ont demandé leur acquittement. Les avocats estiment que leurs clients sont poursuivis pour «leurs convictions religieuses», ce qui est «une atteinte grave à la liberté de culte». La défense, constituée de six avocats, a souhaité que la justice n’emprisonne pas près d’une trentaine de citoyens de tous âges, dont des familles entières. L’inculpation pour offense contre l’islam (art 144-2 du code pénal) n’est pas établie, selon la défense. Elle a rappelé qu’il s’agit d’un tribunal civil et non d’une instance religieuse d’inquisition. «Il s’agit d’un dossier qui concerne, plus que le culte, la conscience et la conviction religieuses, garanties pourtant par la Constitution, et le droit international, le pacte international relatif aux droits politiques et civils ratifié par l’Algérie», souligne Saïd Salhi. Interpellés le 17 mars 2018 et poursuivis pour atteinte aux préceptes de l’islam, constitution d’association sans agrément et collecte de fonds sans autorisation, ils ont été déjà jugés, le 29 mai 2018, en première instance par le tribunal d’Akbou et condamnés à six mois de prison avec sursis. Le procureur a introduit l’appel suite à ce verdict. La Laddh, tout en exprimant sa solidarité avec les prévenus, considère que ces poursuites contre les membres de la communauté ahmadie sont en flagrante contradiction avec le droit de culte, pourtant consacré par le droit national et international, et réitère à l’occasion son appel à l’abandon de toutes les poursuites et persécutions. La Ligue appelle à un large front national pour la protection des libertés fondamentales de culte, de conscience, d’opinion et d’expression, de réunion et de manifestations pacifiques, qui sont le noyau des libertés et des droits humains. Notons que plusieurs organisations non gouvernementales de défense des droits de l’Homme, dont Amnesty International et Human Right Watch, ont appelé plus d’une fois le gouvernement algérien à cesser les poursuites judiciaires contre les membres de la communauté ahmadite en Algérie. Elles estiment que les restrictions imposées à cette dernière constituent une violation des conventions internationales relatives aux droits de l’Homme que l’Algérie a ratifiées. Elles rappellent également que la liberté de culte est garantie par le Constitution algérienne.<