Toutes les spéculations sont tombées à l’eau hier aux alentours de 17h !  Le Maroc, présenté comme le remplaçant naturel du Cameroun pour abriter la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019, a déclaré qu’il ne candidaterait pas pour abriter la messe africaine. Un véritable coup de théâtre.

D’autant plus que les officiels du sport algérien, Mohamed Hattab, ministre de la Jeunesse et des Sports et Mustapha Berraf, président du Comité Olympique algérien en l’occurrence ne voulaient pas déposer de candidature croyant fortement que les Marocains avaient déjà plié ce «match» en leur faveur. En plus d’être hors du coup, l’Algérie a donné l’impression d’être hors-champ pour ce qui se trame dans les coulisses dans la Confédération africaine de football (CAF). Le délai pour le dépôt de dossiers pour accueillir la CAN-2019 en remplacement du Cameroun est fixé à demain. Seule l’Afrique du Sud s’est proposée pour sauver la tenue de la messe continentale. Le Maroc devait lui emboîter le pas mais ça ne fut pas le cas. Ce qui ouvre un boulevard aux Sud-Africains qui devraient être désignés, 9 janvier prochain lors de la réunion du bureau exécutif de la CAF à Dakar (Sénégal) en parallèle à la cérémonie de remise des Trophées CAF Awards, pour organiser les noces de la reine africaine. Hier, le ministre de la Jeunesse et des Sports du royaume chérifien, Rachid Talbi Alami, a révélé à la chaîne sportive «Arriyadia» que «le Maroc ne sera pas candidat à l’organisation de la Coupe d’Afrique des nations CAN-2019 de football» après que le porte-parole de la Fédération royale marocaine de football (FRMF), Mohamed Makrouf, a assuré plus tôt dans la matinée, dans une déclaration à «Le Site Info», que l’organisation de la prochaine Coupe d’Afrique «ne dépend pas de la Fédération» en précisant que «la décision de se porter candidat pour organiser la CAN dépend du royaume du Maroc et de son gouvernement. En même temps, le dossier de candidature est prêt et la Fédération attend l’aval des services compétents.» Les hauts-responsables ont fini par trancher : la postulation ne sera pas envoyée au Caire (Egypte) où siège l’instance confédérale pour être examinée.
Volte-face, acte II
Ce qu’il faut souligner tout de même, c’est que les Marocains, ont, comme pour la CAN-2015, tourné le dos à l’Afrique du football alors que le sauvetage de la CAN-2019 était une urgence. Après le prétexte «Ebola» il y a 3 ans, c’est la crainte que les relations «camerouno-marocaines» prennent un sérieux coup qui a tout fait basculer. Surtout que beaucoup de voix commençaient à s’élever pour dire que le Maroc a exercé des pressions sur Ahmad Ahmad, patron de la CAF, pour retirer la CAN au Cameroun qui «ne sera pas prêt à temps pour abriter la compétition.» Ainsi, en ne se présentant pas, le pays de Mohamed VI balaie tous les amalgames et accusations. Sur un autre plan, en Algérie, l’idée de concurrencer le Maroc pour être hôte de la prochaine CAN était complètement exclue. Sans doute par crainte d’essuyer un affront croyant que les voisins ont déjà tout plié. C’est parti de Mohamed Hattab, ministre de la Jeunesse et des Sports (MJS), qui avait indiqué que «l’organisation de la CAN 2019 ne constitue pas une priorité pour l’Algérie» en notant que «le fait que l’Algérie dispose des moyens humains et matériels nécessaires pour récupérer l’organisation de cette CAN ne constitue pas une raison suffisante pour se lancer dans ce projet. Il existe d’autres facteurs, tout aussi importants, et dont il faut tenir compte, car ayant un impact direct sur d’autres secteurs».
Ni poids ni mesure
Toujours pour ce qui est des responsables du sport en Algérie, Mustapha Berraf, le président du COA, avait quant à lui, insinué qu’il était certain que les dés étaient pipés en faveur des voisins. Le premier responsable de l’olympisme algérien a tenu à préciser que «l’Algérie jouit d’un aura et d’un très grand respect à l’échelle africaine. Et c’est ce qui explique pourquoi, elle ne s’avancera pas sur ce chemin bien qu’elle possède toutes les possibilités de le faire.» Une réticence qui trouverait explication dans l’envie d’éviter toute défaite face aux Marocains. Surtout que la nation des «Lions de l’Atlas» présente de sérieux atouts sur le plan infrastructurel pour rafler la mise. Ce qui rendait sa victoire prévisible et très probable. Cependant, le plus inquiétant dans cette histoire, c’est que l’Algérie a donné l’impression d’être dépassée par ce qui se passe dans le «backstage» de la CAF. N’a-t-on vraiment plus de poids au point de ne pas pouvoir obtenir des indices sur l’envie de postuler ou pas d’un pays avec lequel on a des frontières ? Cela serait très grave. D’autant plus que l’Algérie avait laissé émerger l’idée d’organiser le Mondial-2030 conjointement avec le Maroc. N’y a-t-il vraiment plus de liens, même sportifs, entre ces deux pays géographiquement proches et politiquement éloignés ? Regrettable et inquiétant !