Un éclair de génie pour éliminer le coriace Kalidou Koulibaly et inscrire un but précieux. Important, Mohamed Salah l’a été mardi soir pour Liverpool face à Naples. Sa réalisation, l’unique de la partie comptant pour la 6e et décisive journée de la phase de poules de la Ligue des Champions UEFA, a envoyé les « Reds » en huitièmes de finale de C1. L’Egyptien était attendu, et il a répondu « présent » dans un match vital. C’est ce qu’il réussit à faire parfaitement depuis 4 semaines. Pour le « Petit Pharaon », c’est le temps de la résurrection.

Plus que ses buts (13 en 23 apparitions) et ses passes décisives (4), Salah a retrouvé ses jambes de feu. Cette faculté à martyriser les défenses et la fluidité dans ses prises de balle, des points forts qu’il avait perdus un certain temps.
Cependant, il se dit que la forme est temporaire, mais la classe permanente. Une formule qui lui sied parfaitement. L’ancien sociétaire de l’AS Rome (Italie), transféré pour une somme record de 42 millions d’euros + 6M en bonus, a connu un début de saison mitigé. Il marquait certes, mais son volume de jeu n’était pas le même que celui de la saison écoulée où il avait impressionné. A ce moment-là, beaucoup ont commencé à penser que c’est un « one-season wonder ». Un terme qui désigne les footballeurs qui brillent pendant une saison avant de sombrer dans l’anonymat. Ce « blaze », le crack venu d’Egypte l’a vite balayé en participant activement au superbe parcours des « Reds » en Premier League avant de les sortir d’une situation inconfortable en Europe.
Samedi dernier, sur la pelouse de Bournemouth, actuel 8e de la hiérarchie anglaise, il avait grandement contribué au large succès (0/4) des siens. Un magnifique triplé avec, en prime, un 4e but de la rencontre plein de finesse et sang-froid pour conclure son festival.
Il était en mode « Salah is back » pour aider le team de la Mersey à se poser sur le trône de la BPL profitant de la défaite de Manchester City chez Chelsea (2/0).
Koulibaly scotché !
Se profilait alors ce duel crucial contre Naples SSC qui s’est rendu à Anfield en tant que leader du groupe « C » avec 9 unités et la meilleure défense du quatuor (4 buts encaissés). La troupe à Jurgen Klöpp devait l’emporter pour rester en vie dans ce tournoi. Pendant 30 minutes, le coriace défenseur sénégalais du Napoli, Kalidou Koulibaly, avait réussi à limiter le danger de Salah. À le museler littéralement parfois. Mais, sur un moment de flottement, le latéral gauche napolitain, Mario Rui, laisse filer le Liverpuldien qui voit arriver le mur Koulibaly. Un nouveau duel africain dans ce sommet européen qui a tourné en faveur de Mo’ cette fois. Un léger crochet intérieur qui scotche le taulier de l’arrière-garde italienne. Il ne pourra plus rattraper le MVP de la Premier League en 2018 qui trompe Ospina du droit dans un angle fermé (34’). Le ballon est passé entre les pieds du portier colombien. Beaucoup de talent et un peu de réussite ont suffi pour faire basculer ce sommet anglo-italien.
Kalidou, qui avait réussi à mettre Kylian Mbappé et Neymar dans sa poche face au Paris Saint-Germain, a laissé filer le « numéro 10 » de l’Egypte une seule fois. Ça a coûté les 3 points et une place en huitièmes.
Explosif, juste dans sa conduite de balle et souvent présent dans les moments clés, Salah n’a absolument rien à envier aux grands joueurs. En cet exercice 2018-2019, il faudra certainement compter sur lui pour faire l’étalage de sa classe mondiale. Un style très proche d’un certain Lionel Messi. Même gestuelle, même pied fort et même faculté à se débarrasser de n’importe quel marquage, on peut dire que Salah est le Messi de l’Afrique. Sans exagération aucune.