L’accord à l’arraché obtenu par l’Opep à Vienne, celui d’une réduction de la production de 1,2 million de barils, devrait donner du répit aux producteurs pour l’année 2019, qui s’annonçait particulièrement compliquée.

Mais cette mini victoire qui devrait aider à stabiliser un tant soit peu les cours n’est pas appelée à se perpétuer. Il est évident que cet accord est un camouflet pour Donald Trump, auteur d’une pression continue afin d’éviter une baisse de la production notamment à travers son allié saoudien. Ce dernier semble ne pas avoir suivi les «sollicitations» venant de Washington. Riyad, probablement dans un accès d’amour propre, semble n’avoir pas marché. Le Royaume saoudien a vraisemblablement considéré que Washington ne l’a pas assez défendu dans le scandale Khashoggi, dont les conséquences sont toujours à attendre. «Les Etats-Unis ne sont pas en position de nous dicter notre conduite», aurait déclaré le ministre saoudien de l’Energie, Khaled Al-Faleh. L’autre acteur non-Opep, la Russie, signe avec cet accord un renforcement de son rôle dans cette grande bataille impitoyable du pétrole, qui semble ne laisser aucune place aux faibles. La Russie principal acteur non-Opep, aura évidemment joué un rôle particulièrement remarqué dans ces négociations. Un rôle qui s’inscrit dans la volonté, aujourd’hui manifeste, de Moscou de vouloir peser dans les équilibres internationaux entre puissances. Mais cet accord aura du mal à faire estomper les inquiétudes. L’Opep pourrait avoir une année difficile avec le retrait du Qatar qui pourrait bien être suivi par d’autres. L’on parle par exemple du retrait possible de l’Irak. Si ce dernier venait à se confirmer, ça serait un coup dur pour l’organisation pétrolière. L’Irak est le deuxième producteur avec plus de quatre millions de barils par jour et sa défection n’augurera rien de bon pour le cartel. L’Opep serait alors confrontée à une situation des plus inédites qui mettrait son existence même en péril. En attendant, cet accord de Vienne est une bonne nouvelle pour les pétroliers. De bon augure avant les mauvais jours.