«Les fabuleux contes et légendes d’Alger» de Mohamed Benmeddour, publié aux éditions Colorset, est une nouvelle publication dédiée à l’histoire de la ville d’Alger, abordant plus précisément sa culture orale et ses traditions populaires, présentée au public à l’occasion du Salon international du livre d’Alger (Sila 2018).

Devant être très prochainement distribué en librairie, cet ouvrage, ayant nécessité près de deux ans de travail, s’étalant sur plus de 330 pages serties de plusieurs illustrations, est proposé au prix de mille dinars, Rencontré au Sila, au stand de Colorset, en marge d’une séance de vente-dédicaces, Mohamed Benmeddour, écrivain mais également ancien cadre du ministère de la Culture et spécialiste de la Casbah d’Alger, nous a fait savoir que le point de départ de la recherche, l’ayant notamment conduit à étudier des documents d’archives en Algérie, en France et en Turquie, aura été le constat d’une lente altération des contes populaires algérois.
«En ce qui concerne notre patrimoine immatériel, tout particulièrement la Casbah d’Alger, de nombreuses personnes, même âgées, reprennent des histoires prétendument issues du terroir algérien, mais qui dans les faits sont détournés de leur origine». Ajoutant en ce sens, que cet ouvrage était pour lui un travail particulier, il souligne qu’«il s’agit de mon treizième ouvrage, les précédents traitaient davantage d’aspects matériels et techniques de l’histoire. C’est la première fois que j’aborde le volet du patrimoine immatériel». Il a ajouté, à propos de cet ouvrage, que les travaux de recherches l’ont mené aux archives de la ville d’Aix-en-Provence, en France, « ce qui m’a par la suite dirigé vers la Turquie». C’était avant tout une volonté de préserver «cet esprit de la ville d’Alger». Mohamed Benmeddour explique, par ailleurs, à propos de ses recherches pour la rédaction de cet ouvrage, notamment, à la Grande bibliothèque d’Istanbul, que «c’est là que j’ai retrouvé les véritables contes d’Alger, nés entre le XVIIe et la fin du XVIIIe siècle. Par la suite, j’ai visité les lieux où se déroule chacune de ces histoires. Le but était de faire des descriptions des espaces et des datations de bâtiments». En ce sens, l’ouvrage largement consacré au «saints d’Alger», notamment de Sidi Abderrahmane El Thaâlbi ou Sidi M’hammed Benaouda, l’auteur nous explique ainsi, à propos du contexte historique des récits mis en avant, que «quelques histoires remontent à la période des Beni Mezghenna. Mais, la majorité des contes sont apparus durant la période ottomane, voire pour d’autres après 1830. Les contes algérois, surtout durant cette période turque, ont la particularité de mettre le plus souvent en avant les marabouts. C’est ce qui a fait d’eux des icônes et que des générations d’Algérois ont toujours voulu visiter leurs mausolées».
Expliquant, ainsi, que ces contes ont façonné la culture populaire de la région d’Alger. Tenant pour preuve, la persistance de récits, tels que celui de Sidi Ouali Dada, «qui, de son bâton a frappé les flots et fait surgir des vagues qui ont englouti la flotte de Charles Quint. Ou le conte de Sidi Bougdour, un potier qui, chaque fois qu’il fracassait un ustensile, faisait exploser des navires», explique Mohamed Benmeddour. L’auteur confie à propos de ses projets, qu’il comptait également travailler sur l’ensemble des contes populaires algériens. «Mon objectif est que notre patrimoine immatériel soit préservé et j’espère même, d’ici à quelques années, pouvoir réunir et faire le même travail pour les patrimoines des autres régions du pays. »