Une foule des grands jours tristes a accompagné hier à sa dernière demeure notre confrère Abderrahmane Bettache. Le journaliste du Quotidien «Le Soir D’Algérie» a été inhumé au cimetière de M’douha à Tizi-Ouzou par les siens, sa famille et ses proches, ainsi que par les nombreux collègues du quotidien où il travaillait et ses amis professionnels des médias venus en nombre pour le dernier adieu.

Signe de son enracinement dans le champ politico-médiatique et de sa connaissance de ses arcanes, le défunt a été salué également par plusieurs personnalités et chefs de partis à l’instar de Mohcine Bellabas du RCD, Amar Ghoul de TAJ, d’Ali Laskri et Hadj Djillani du FFS, qu’on a pu reconnaitre parmi les présents. Dans la procession funéraire, on a pu apercevoir également le ministre de la Communication Djamel Kaouane, qui s’était rendu à Tizi-Ouzou après un déplacement de travail dans une autre région du pays, ainsi que le secrétaire général de la Centrale syndicale UGTA, un homme que Abderrahmane Bettache a longuement suivi à travers son parcours de syndicaliste tout au long de la décennie quatre-vingt-dix – une période dont il aurait pu être le grand témoin, au moins pour le volet syndical qu’il connaissait bien-, et au-delà. Il restera de lui le souvenir d’un homme de l’information venu au métier de journaliste au lendemain de la césure historique d’Octobre 1988 – dont on fêtera le 30e anniversaire dans quelques jours- et d’avoir couvert l’actualité nationale sur pratiquement deux décennies au cours desquelles il a pu mesurer les pulsations et les transformations profondes que le pays a connues. Abdelmadjid Sidi Saïd, très ému, dira de lui qu’ « il était un homme de métier et un ami des travailleurs ». Il ne manquera pas de revendiquer dans la relation qu’il a eue avec le journaliste disparu une « vieille relation de militantisme ». Son confère du journal «Le Soir» et secrétaire général du syndicat national des journalistes (Snj), Kamel Amarni, pleurait hier un ami « qui laissera un grand vide ». Dans l’hommage qu’il lui a rendu, on a reconnu ce que tous ceux qui l’ont côtoyé disaient de lui : « un sens inné du contact » et une « franche camaraderie » sans distinction des générations, un fil de séparation souvent résistant dans la corporation des journalistes et professionnels de l’information. Le ministre de la Communication dira de lui qu’il était un professionnel « reconnu de tous », des mots qu’on a entendus chez tous ceux qui ont bien voulu s’exprimer au moment difficile des funérailles. Abderrahmane Bettache, dans un parcours emblématique de sa génération sans doute, a travaillé dans plusieurs organes de presse et a débuté sa carrière avec Hafid Chibane, figure importante de la presse écrite francophone algérienne aujourd’hui à la retraite ; dans deux journaux aujourd’hui disparus : «Alger Sport», une gazette sportive et «l’Opinion», un quotidien sur lequel les historiens de la presse dans notre pays devraient s’intéresser pour avoir été un témoin très actif de l’actualité nationale au tout début de la décennie 1990 et pour avoir vu passer dans sa rédaction de la rue de Tanger au cœur même d’Alger de grands noms du métier, à l’image du regretté Bachir Rezzoug sans compter les signatures qui avaient marqué cette époque si proche et si lointaine à la fois. Contrairement à d’autres confrères qui ont usé et abusé de la « mobilité » médiatique, Abderrahmane Bettache rejoindra le «Soir d’Algérie» en 1996, un journal qu’il ne quittera plus jusqu’à son dernier souffle avant-hier vendredi. Cela ne l’empêchera pas d’amorcer avec un réel succès le virage de l’audio-visuel et des télés privées montantes en animant pendant deux saisons sur la chaine «Ennahar» un talk-show politique très suivi.
Signe de la popularité du regretté Abderahmane Bettache, le cortège des anonymes venus lui rendre hommage d’Azzefoun, la terre d’origine des parents, de Tizi-Ouzou où se trouve le domicile parental, et d’autres wilayas du pays. <