Pour prévenir la rupture de médicaments, un site internet sera lancé, le 15 octobre, à l’occasion des 8es Rencontres internationales de la pharmacie qui se tiendront à Alger, a annoncé, hier, le président du Conseil national de l’ordre des pharmaciens (Cnop), Lotfi Benbahmed.

« Ce site permettra aux pharmaciens d’annoncer les ruptures », a-t-il précisé sur les ondes de la Radio algérienne, ajoutant que cette démarche « permettra au ministère d’avoir un tableau de bord producteur et distributeur ». Cette mesure s’ajoute à la réactivation urgente de la cellule de veille par le ministère de la Santé, qui a organisé une nouvelle rencontre avec ses partenaires pour étudier les produits un par un. Pour M. Benbahmed, cette fois-ci, le ministère a affiché « un réel engagement » à régler ce problème, « notamment avec la promulgation prochaine de la nouvelle loi sanitaire qui », a-t-il considéré, servira à
« mettre en place définitivement un encadrement réglementaire qui permet de lutter contre les ruptures, avec un outil informatique performant pour le prévenir». Au mois de juillet denier, la Fédération algérienne des médicaments avait annoncé la rupture de 243 produits. Cette rupture est due, en premier lieu, à la non-signature des programmes d’importation et aux quantités allouées à l’importation qui sont « insuffisantes», a justifié M. Benbahmed. « Ce qui peut causer une pénurie à certaines périodes de l’année où les quantités et les stocks de sécurité sont épuisés», a-t-il encore expliqué, avant de citer, également, le cas de la démographie galopante travers «un million de naissances chaque année ». Le président du Cnop a, en outre évoqué les prix « très bas » de certains médicaments qui ont fait que les producteurs, à l’exemple de Saidal, ne veulent pas les produire, parce que, a-t-il dit, « ils perdent de l’argent ». Du coup, ces produits « sont en rupture », soulignera-t-il Le problème de rupture engendre « le problème de spéculation chez les importateurs, les producteurs et les distributeurs de médicaments et, parfois même, au niveau des grossistes et certaines officines », a avoué M. Benbahmed, non sans appeler le ministère du Commerce à mettre en place un dispositif qui puisse régler ce problème. A l’occasion, il a appelé les victimes de la spéculation à déposer plainte. Cette rupture engendre également des stocks chez des malades. « Lorsque certains opérateurs libèrent de petites quantités de médicaments, les malades, notamment les asthmatiques, se mettent à stocker pour ne pas tomber dans la pénurie, ce qui accentue le phénomène », a-t-il expliqué. <