Le bras de fer entre le président de la Fédération algérienne de natation (FAN) et le nageur Oussama Sahnoun n’est pas prêt de connaître son épilogue. En effet, le dossier médical envoyé par ce dernier, pour justifier son absence des derniers Championnats d’Afrique de la discipline disputés à Alger, pose un véritable problème.
Jugez-en.

Quarante-huit heures avant le coup d’envoi des derniers championnats d’Afrique (10-16 septembre), Sahnoun avait annoncé à la Fédération que son médecin traitant lui avait prescrit «un arrêt complet de 30 jours, le dispensant de toute activité sportive entre le 4 septembre et le 4 octobre prochain» a déclaré le président de la Fédération algérienne de natation, Abdelhakim Boughadou, lors de son passage au Forum du quotidien El-Chaâb, avant-hier. Entretemps, l’athlète qui est établi en France en faisant partie du grand club de la discipline de l’Olympique de Marseille, poursuit ses entraînements. Il se prépare activement pour deux prochaines échéances, importantes pour lui, en vue du prochain championnat du monde. Et c’est alors que Sahnoun demande à ce qu’il soit « inscrit par la fédération algérienne aux deux prochaines compétitions où il compte bien représenter les couleurs du pays, car qualificatives au Mondial. Il s’agit de l’étape d’Eindhoven (Pays-Bas), prévue du 28 au 30 du mois en cours et de la deuxième étape programmée à Budapest (Hongrie) du 4 au 6 octobre prochain. N’ayant pas reçu de réponse positive à cette requête, Sahnoun fustige donc l’instance.

Il refuse de se présenter à la FAN

Seulement, le président de l’instance sportive de la discipline en Algérie, Boughadou, tient bien à préciser que « le problème se situe justement au niveau du dossier médical du nageur lui-même » avant d’indiquer que « Le président de la commission médicale de la FAN refuse de donner son aval pour l’engagement du nageur Sahnoun pour la simple raison que le certificat médial qu’il a envoyé notifie justement qu’il est dispensé de toute activité sportive entre le 4 septembre et le 4 octobre prochain. Or, il se trouve que ces deux compétitions auxquelles il veut participer sont programmées durant cette période où il n’est pas sensé participé à une quelconque compétition ».
Et toujours à propos du dossier médical de l’athlète en question, le président de la FAN a déclaré que « L’athlète étant établi en France, nous lui avons demandé de se présenter à Alger, comme le veut l’usage, pour permettre au staff médical national de constater lui-même l’existence de cette blessure, et s’assurer qu’elle nécessite vraiment un arrêt de 30 jours ».
Cependant, poursuit Boughadou, et malgré une récente nouvelle invitation à se présenter à Alger pour éclaircir cette situation, Sahnoun n’a donné aucune suite favorable. Ce qui a déçu aussi bien la fédération que le ministre de la Jeunesse et des Sports, Mohamed Hattab, n’ayant pas hésité à fustiger l’athlète dans l’une de ses dernières sorties médiatiques. « Je cite l’exemple d’Oussama Sahnoun qui participe toujours avec son club n’a pas assisté aux championnats d’Afrique disputé à Alger privant le pays de 4 médailles d’or … », a déclaré le ministre lors de sa visite au lycée sportif de la capitale.

Pas un dindon
de la farce
La réaction de Sahnoun ne se fait pas attendre puisqu’il a déclaré à la chaîne TV d’Ennahar que « le président de la Fédération Boughadou a trompé le ministre en ne lui envoyant pas le dossier médical que j’ai remis à l’instance fédérale de la discipline. Et je ne veux pas que le président de la Fédération justifie l’échec des résultats des championnats d’Afrique sur mon dos », a tenu à préciser le nageur Oussama Sahnoun. Là, il faut reconnaître qu’en dépit du constat optimiste du président de la FAN se réjouissant des résultats de ces championnats d’Afrique à l’issue desquels l’Algérie a terminé à la 3e place, avec un total de 21 médailles, dont trois en or, derrière l’Egypte tenante du titre (34 médailles) et l’Afrique du Sud avec 39 médailles, les performances étaient en deçà de celles réalisée en Afrique du Sud il y a deux ans. Il est important de rappeler que lors de la précédente édition du Championnat d’Afrique disputé en 2016 à Bloemfontein (Afrique du Sud), l’Algérie avait terminé en seconde position avec un total de 20 médailles (7 or, 7 argent et 6 bronze). A ce moment-là, le chef de file de la natation algérienne, Oussama Sahnoune, avait été sacré meilleur athlète de l’édition. Ce qui veut dire simplement que la natation algérienne a bel et bien régressé sur le plan continental.