C’est demain après-midi que devra arriver à l’aéroport Soummam-Abane Ramdane de Béjaïa, la dépouille mortelle de l’icône de la chanson kabyle et algérienne Djamel Allam, décédé samedi dernier, à l’âge de 71 ans, dans un hôpital parisien, des suites d’une longue maladie.

Il faut dire que la ville des Hammadites qui a vu naître le défunt artiste, un certain 26 juillet 1947, s’apprête à lui réserver des obsèques à la hauteur de son parcours artistique riche et long d’une cinquantaine d’années.
Afin de permettre l’organisation de grandioses funérailles à l’enfant prodige de Béjaïa, un comité citoyen et populaire a été créé par des anciens amis du défunt auxquels se sont joints des membres de sa famille, des artistes, des personnalités politiques, du monde la culture, des représentants des autorités locales, notamment le directeur de la culture de la wilaya de Béjaïa.
Ainsi, les membres de ce comité citoyen chargé de la préparation de la cérémonie funèbre de feu Djamel Allam, se sont réunis, hier après-midi, à la maison de la culture de Béjaïa, afin d’arrêter le programme de ces obsèques, notamment l’accueil protocolaire des délégations devant se déplacer à Béjaïa le jour de l’inhumation.
On apprend que la dépouille mortelle sera d’abord exposée au hall du théâtre régional Abdelmalek Bouguermouh de Béjaïa (TRB), où un hommage populaire lui sera rendu. Les visiteurs auront ainsi l’occasion de jeter un ultime regard sur le visage de l’artiste disparu. Notons que le choix du TRB n’est guère fortuit. Selon des observateurs locaux, si on a jeté son dévolu sur ce lieu mythique (TRB) pour y organiser la cérémonie de recueillement à la mémoire du défunt, c’est parce que c’est là que ce dernier avait entamé sa carrière artistique. Le corps de Djamel Allam sera ensuite conduit chez lui, sur les hauteurs de l’ancienne ville de Yemma Gouraya, avant d’être dirigé vers le cimetière de Sidi M’hand Amokrane pour y être mis en terre.
« Offrir un accueil digne d’un maestro de la chanson kabyle au défunt, est plus qu’un défi pour les Béjaouis. C’est un devoir pour nous, de lui rendre un hommage grandiose. Nous devons l’accompagner à sa dernière demeure avec des honneurs et de la fierté. Car, il n’y a qu’un seul Djamel Allam. Et c’est Béjaïa qui a eu le mérite de l’enfanter et de le bercer pendant de longues années », nous dira Toufik, un jeune musicien de Béjaïa qui vénère l’artiste disparu. Il est à souligner que de nombreux internautes appellent toute la population de la région à faire des obsèques de l’auteur de Mara D’yughal (Quand il reviendra), un événement grandiose qui couronnera le long parcours artistique de Djamel Allam.
Des hommages et des témoignages n’ont pas manqué de fuser de partout. Ils émanent de plusieurs vedettes de la chanson algérienne, dont Boudjemaâ Agraw, Brahim Tayeb, Abdelkader Bendaïmèche, Rédha Doumez, Yacine Zouaoui, Kamel Zaïdi, Bazou…
« J’ai réalisé un rêve d’enfance quand j’ai su que j’allais t’accompagner pour une longue tournée, toi qui étais mon idole et ma référence. Le premier jour de notre tournée, je n’en croyais pas mes yeux, toi qui était mon idole depuis que j’avais 5 ans, nous allions chanter et jouer ensemble. Et que l’on rira beaucoup sur scène. Grâce à toi, j’ai connu les meilleures salles du pays dans ses quatre coins ; je t’ai connu en tant que tout. Artiste, ami, frère et collègue.
Tu ne pourras jamais t’imaginer à quel point tu me manqueras, ainsi que ton humilité, ta spontanéité, ta reconnaissance, ton franc-parler et surtout ton partage avec les autres. Je ne trouve plus quoi dire cher ami, tellement de bonnes choses et de bons souvenirs. Repose en paix
grand frère », a écrit sur sa page Facebook le célèbre musicien Boualem Bouzouzou.n