Le Centre de développement et d’analyse en agro-industrie (CDAAI) a organisé des journées d’information et de formation pour les cadres des différentes filiales du groupe Agrodiv. Ce dernier est né de la restructuration du secteur public marchand en février 2015, à travers la fusion et l’absorption de trois SGP : Cegro, Cojub et Tragral. Bref, Agrodiv, agro-alimentaire divers, est « l’enfant légitime » de Sempac, et plus tard, des Eriad.

Les journées intitulées «Métrologie et incertitudes de mesures» se sont déroulées à l’hôtel El Khayam, à Ali-Mendjeli, et ont réuni, autour du promoteur du thème, Rebgui Djamel, P-DG du CDAAI, les principaux cadres d’Agrodiv venus s’enquérir des dernières technologies relatives à la métrologie. M. Rebgui, habité littéralement par son sujet, qu’il maîtrise sur le bout des doigts, n’a pas lésiné pour transmettre ses connaissances au parterre de cadres venus des 48 wilayas du pays. «Nous avons décroché la certification ISO 17025, version 2017. J’en suis très fier, d’autant que nous allons être, dans un futur proche, incontournables pour des analyses fiables, aussi bien pour les produits des moulins du groupe Agrodiv, que pour les moulins des privés. Je peux aussi vous dire que plusieurs pays africains passeront dorénavant par les laboratoires du CDAAI. Tout cela est le résultat d’efforts fournis pendant des années. Nous en récoltons aujourd’hui les fruits». Propos rassérénants de M. Rebgui, docteur en biologie, qui sait de quoi il parle. Il nous expliquera ensuite l’importance de la métrologie dans la mesure des différents produits agro-alimentaires, notamment les blés durs et tendres, et leurs dérivés. «Imaginez un seul instant que sur les 4 000 quintaux de semoule, pâtes, et farines produits par nos différents moulins, il y ait une erreur de pesée de 10 g par kilo. Les pertes seraient énormes, aussi bien pour nous, s’il y a un manque, que pour le consommateur qui sera lésé». Donc l’importance des instruments de mesures ou de pesées, ainsi que les différents appareils de métrologie relève d’une science à part entière, où le hasard et l’à-peu-près n’ont pas leur place. «Maîtriser le processus de mesure, c’est gagner en compétitivité», ajoutera notre interlocuteur.
Le CDAAI ne s’arrête pas aux détails de la métrologie, mais «pioche» encore dans le domaine purement agro. Dans cette optique, et c’est le plus naturellement du monde que les chercheurs du laboratoire du centre domicilié à Constantine, ont indiqué qu’une «mixture» est sortie des pipettes et des tubulures des biologistes activant sous la houlette du Dr Rebgui. Le produit est une farine spéciale, une recette bien de chez nous, qui fait que le croustillant du pain, au lieu de durer quelque 5 ou 6 heures, passe allègrement à 24 heures, toute une journée ! «Nous nous sommes penchés sur le phénomène de gaspillage quotidien du pain, alors que le blé tendre est importé essentiellement de l’étranger. Nous avons pensé qu’un pain dont le croustillant dure ne sera pas jeté. La farine est prête, vous en avez parlé (la presse), mais pour sa commercialisation, nous attendons l’aval du ministère du Commerce. La farine sera de meilleure qualité que l’actuelle, coûtera moins chère, et surtout réduira considérablement le gaspillage du pain, et par ricochet la facture de l’importation de blé tendre», nous entretiendra note interlocuteur.
Les journées citées plus haut gagneraient donc, vu les énormes retombées scientifiques sur les participants, à être organisées plus souvent. Et là, le Dr Rebgui nous promettra un bis, très prochainement, même un ter, et plus, puisqu’il y a affinités.