«Gagner», le mot était sur toutes les lèvres des joueurs de l’équipe nationale et son driver Djamel Belmadi à leur arrivée à Banjul où ils défieront la Gambie. Une rencontre comptant pour la deuxième journée des qualifications pour la Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2019 que devrait abriter le Cameroun. Une rencontre, fixée à 17h30 au stade de la Liberté, importante pour des «Verts» en pleine crise. Ces derniers devront, malgré eux, composer avant un statut de «favoris» qu’ils semblent toutefois assumer. Les coéquipiers de Yacine Brahimi savent qu’ils n’ont «plus droit à l’erreur».

L’EN jouera gros cet après-midi. Comme Vahid Halilhodzic en 2012, Belmadi connaîtra une première sortie compliquée en Afrique. A l’époque, le 29 février plus précisément, le Bosnien avait réussi à s’imposer à Banjul contre les «Scorpions» sur le score de 2 buts à 1 avant de les surclasser (4/1) lors du match retour, disputé le 15 juin de la même année. Il venait tout simplement de mettre fin à deux années sans succès à l’extérieur pour «El-Khadra».
Lors de la victoire en terre gambienne, c’était Antar Yahia et Sofiane Feghouli qui avaient inscrit les deux buts algériens. Ce dernier a survécu depuis et joue toujours avec la sélection. D’ailleurs, il fait partie des 25 joueurs retenus pour ce rendez-vous importantissime qui pourrait, comme en 2012, marquer le renouveau au sein du «Club Algérie». Surtout après le départ de Rabah Madjer, démis de ses fonctions le 24 juin dernier, qui a laissé place à un Belmadi sur lequel reposent bien des espoirs pour aider l’équipe nationale à retrouver de sa superbe.
L’heure est à l’union sacrée
Après deux revers de rang, dont un très alarmant face au Cap-Vert (2/3) concédé le 1er juin dernier au stade
5-Juillet 1962 (Alger) suivi d’un carton (3/0) infligé par le Portugal à Lisbonne 6 jours plus tard, Riyad Mahrez & cie devront sortir de la mauvaise spirale. Pour cela, il faudra ramener un bon résultat de ce voyage qui ne s’annonce pas de tout repos.
Sur une pelouse n’ayant rien d’un billard, les «Guerriers du Sahara» devront trouver la bonne formule pour battre un adversaire qui jouera le match de sa vie face à une formation algérienne largement supérieure. Sur le papier bien-sûr. Car, comme on a pu le constater, la composante de l’effectif ne signifie pas grand-chose si le dispositif tactique et l’utilisation des joueurs sont mauvais. C’est, hélas, ce qu’on a pu vérifier sous l’époque Madjer.
Ce qui est sûr cette fois c’est qu’il y a une certaine solidarité avec le nouveau coach. On ressent que l’heure est à l’union chez les «Fennecs» qui ne manquent pas d’afficher leur volonté à aider leur nouvel entraîneur à faire changer les choses.
«On travaille tous ensemble pour atteindre la victoire. Il est important pour les débuts d’un coach d’avoir une victoire. On le considère tous comme un grand frère et on a envie d’avancer avec lui», a déclaré le revenant Ryad Boudebouz au quotidien spécialisé «Le Buteur». Le groupe sait qu’une bonne performance remettra l’équipe sur de bons rails.

Mélange de confiance et de méfiance
S’imposer devient presque vital dans ce cas de figure. Le sélectionneur le sait pertinemment. «On arrive avec un groupe au complet. Je sens chez les joueurs une envie de faire un gros résultat. Ça ne va pas être facile car on est à l’extérieur. Il y a de la qualité en face. En même temps, on est dans l’obligation de s’imposer. Maintenant, on doit faire en sorte que les joueurs comprennent que tout le peuple est derrière eux. Ils représentent le pays et cela passe par des résultats positifs, notamment des victoires», reconnaît-il.
S’il a foi en ses poulains, Belmadi n’a qu’une seule crainte : la qualité du terrain qui pourrait causer des problèmes et contrarier ses plans. «C’est vrai qu’on est favoris par rapport à cette rencontre. On va essayer d’imposer notre jeu et j’espère que le terrain le permettra. On sait le résultat qu’on veut faire ici. On connaît notre position et je ne me fais pas de souci», note celui qui a porté le maillot de l’Algérie à 20 reprises pour 5 réalisations.
L’empoignade de Banjul pourrait donc être un tournant et le commencement d’une belle histoire. Comme ce fut le cas avec Halilhodzic. Après, au football, tout peut arriver. L’important sera de tout donner et montrer une vraie envie de sortir l’Algérie de la spirale négative. L’idéal sera forcément de l‘emporter et s’installer seul aux commandes de la poule «D». Ainsi, les coéquipiers d’Islam Slimani, dont l’apport dans le jeu aérien pourrait être décisif, confirmeront le succès (1/0) inaugural dans ces «qualifiers» acquis en juin 2017 au détriment du Togo à Tchaker. Tout reste à faire. n