La secrétaire générale du Parti des travailleurs a animé, hier, une conférence de presse à Alger. A cette occasion, elle a abordé les questions de l’heure. Elle a entamé son intervention par une vive critique de l’initiative du ministère des affaires religieuses sur le cartable de l’orphelin.

«Au PT, nous sommes contre le mélange du religieux avec le politique et nous pensons que le ministère des affaires religieuses n’a pas à s’immiscer dans le domaine de l’éducation», a-t-elle lancé d’entrée. Son argument est que «nous assistons à des dérives qui n’en finissent pas ces dernières années de la part du ministère des Affaires religieuses comme si nous étions un pays avec un Etat religieux, comme si nous avions un clergé, alors que nous sommes un pays sunnite et qu’il n’y a pas de clergé». Aux yeux de la responsable du PT «les affaires religieuses doivent se limiter à la question de la religion».

«La pauvreté, c’est l’affaire de l’Etat algérien et du gouvernement, qui doivent réunir les conditions pour que tous nos enfants rejoignent les bancs de l’école dans les meilleures conditions à la rentrée. C’est-à-dire dans la dignité», lance-t-elle avant de soutenir que «c’est pour cela que nous sommes contre la politique de l’austérité qui a conduit les autorités à faire l’invention affreuse du couffin du Ramdhan et celle du cartable des démunis». «Quand un médecin généraliste est payé à 50 000 DA à l’hôpital, lui aussi est au niveau du seuil de pauvreté et il a besoin de soutien», illustre-t-elle. Questionnée à propos de la future présidentielle de 2019, Mme Hanoune a expliqué qu’«on n’a jamais abordé la question de la présidentielle de 2019 jusqu’à aujourd’hui au sein des structures du parti», au motif que, qu’«il y ait ou qu’il n’y ait pas de présidentielle, pour nous la solution réside dans l’assemblée constituante». «On ne veut pas du tout être embarqués dans le faux débat cinquième mandat ou pas de cinquième mandat.
On ne sait pas d’ailleurs ce qui va se passer. C’est irréel et, pour nous, c’est une question stérile», pense-t-elle avant d’enchaîner que «ce débat contourne la question essentielle de la nature du système. Est-ce qu’il faut changer un homme parce qu’il est malade et le remplacer par un autre homme, dans le cadre du même système mafiotisé, avec des institutions caractérisées par un mélange entre les affaires et l’argent, la cooptation dans la plus part des cas pour les postes de responsabilités, avec la médiocrité qui s’installe et la fragilité qu’il y a au niveau de l’Etat algérien ? Est ce qu’on accepte d’aller vers ça ? A ce moment, on aura signé l’arrêt de mort de notre pays, ou bien on décide d’aller vers le renouveau institutionnel, constitutionnel ?». Le Parti des travailleurs opte pour que «la parole soit donnée au peuple pour qu’il décide, pour qu’il s’exprime, pour qu’il y ait un véritable débat et qu’à l’issue de ce débat, il y ait une instance élue qui continue à écouter les citoyens pour réformer la Constitution. Et c’est cette instance qui va définir la nature du régime à mettre en place».
Sollicité à propos des récents changements au sein de l’ANP, Louisa Hanoune, lance d’emblée n’avoir «aucun commentaire à faire là-dessus». Et pour cause, «dans les traditions algériennes, les politiques n’interviennent pas dans les questions inhérentes à l’armée et que, vice versa, l’armée n’intervient pas dans la vie politique, puisque des missions constitutionnelles lui ont été définies dont celles en rapport avec la protection du territoire national».